L'Allier l'altermondialiste

Jean-Paul L'Allier était un homme ouvert sur le monde,... (Photo archives La Presse Canadienne)

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Jean-Paul L'Allier était un homme ouvert sur le monde, curieux des opinions de l'autre et soucieux de partager ses connaissances, souligne l'auteur.

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Le Soleil

(Québec) Après mon retour du premier Forum social mondial de Porto Alegre auquel j'ai participé en janvier 2001, Jean-Paul L'Allier me rencontra pour en savoir plus sur cet événement. Il était un des rares politiciens à s'intéresser à la mouvance nouvelle de l'altermondialisme. Mais sa curiosité portait aussi sur la ville de Porto Alegre. Celle-ci était en effet reconnue comme la ville la plus démocratique par les Nations Unies, notamment à cause de son fameux budget participatif. Le maire n'en resta pas à cette connaissance à distance : il envoya une délégation de la ville de Québec au second Forum social mondial de 2002.

En avril 2001, je participais à une conférence de presse que donnait la coalition OQP-2001 pour dénoncer le projet de la ZLÉA (Zone de libre-échange des Amériques). Nous donnions cette conférence dehors, devant le mur de la honte, au coin des rues Sainte-Anne et Des Jardins. Jean-Paul L'Allier se tenait debout (au propre et au figuré) de l'autre côté de la rue. À la fin de la conférence, il me fit signe de le rejoindre. Il m'annonça alors que, sur ses ordres, la Ville installera une large tribune avec système de son devant la porte de l'hôtel de ville afin que des militants puissent livrer leur message librement tout au long du sommet. La tribune fut installée et lorsque j'y suis allé pour voir et entendre José Bové, j'ai constaté que M. L'Allier avait aussi fait accrocher à la façade de l'hôtel de ville une grande banderole avec le slogan né lors du Forum social mondial : UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE.

Plus tard, à son bureau, il me confia en riant que la fameuse banderole avait fait grincer des dents du côté gouvernemental canadien. On lui a même sévèrement reproché de faire la promotion du slogan «de nos ennemis». La suite donnera raison à Jean-Paul L'Allier : malgré la suffisance et l'arrogance des Bush et consorts, l'accord qui devait entrer en vigueur le 1er janvier 2004, n'a jamais vu le jour. Les «ennemis» avaient gagné. À chacune de nos rencontres, je retrouvais un homme ouvert sur le monde, curieux des opinions de l'autre et soucieux de partager ses connaissances. J'entends encore sa voix lors de notre dernière rencontre alors qu'il me tendait un article du Monde diplomatique : «J'espère que t'as lu ça!?» Oui, je l'avais lu, et je continuerai à lire ce genre d'informations avec une petite pensée pour vous, M. L'Allier. En espérant que d'autres femmes et hommes politiques auront votre ouverture et votre curiosité.

Robert Jasmin, Neuville

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