Place à l'innovation et à la création de richesse

L'innovation peut et doit jouer un rôle crucial... (David Boily, archives La Presse)

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L'innovation peut et doit jouer un rôle crucial dans la création de richesse au Québec pour les années à venir, affirme un lecteur.

David Boily, archives La Presse

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Le Soleil

Nous avons appris, par la voie des journaux du 8 décembre dernier, que le gouvernement du Québec envisageait la création d'un nouveau ministère ou secrétariat pour l'innovation, dont la mission serait certes de favoriser l'innovation, mais aussi et surtout d'en assurer le déploiement afin d'accroître la compétitivité de nos entreprises et ainsi contribuer au développement de l'économie québécoise.

Il s'agit là d'une initiative qui mérite d'être appuyée, car elle permettrait de mettre l'innovation au coeur des préoccupations et des priorités du gouvernement. Preuve de cette importance, la région de Québec est l'une des plus prospères au Canada grâce à l'innovation. Nos leaders régionaux ne sont pas étrangers à ce succès.

Par ailleurs, il importe de souligner la nécessité de faire la distinction entre les concepts d'«invention» et d'«innovation», deux notions que l'on a parfois tendance à associer. D'abord, l'invention se caractérise par la création ou la découverte d'éléments nouveaux découlant de la curiosité de l'inventeur dans son domaine d'expertise. De façon générale, les inventions sont le fait des centres de recherche, laboratoires gouvernementaux ou universitaires et se traduisent éventuellement par la prise de brevets ou la publication d'ouvrages scientifiques, sans nécessairement conduire à l'innovation.

En revanche, l'innovation contribuera au progrès économique et social et permettra d'accroître la productivité en adoptant des façons de faire différentes, notamment par l'utilisation des nouvelles technologies de pointe, créant par le fait même une valeur fondée sur les véritables besoins de l'industrie.

Somme toute, l'invention et l'innovation ne visent pas les mêmes fins et ne se conjuguent pas de la même façon, comme le rapportait récemment le doyen de la Rotman School of Management de l'Université de Toronto :

«Public policy to increase innovation is not working. A major part of the problem is that our governments have developed policies to drive invention not innovation. The two are not the same, and we must recognize this to achieve public policy for the twenty-first century.»

Cela étant, si l'aide financière des gouvernements à la recherche fondamentale, et donc à l'invention, est nécessaire et bien connue, on ne peut en dire autant de celle favorisant l'innovation.

Jusqu'à présent, le milieu de l'innovation n'a jamais pu compter sur une politique claire appuyée par des programmes et crédits budgétaires lui permettant de jouer un rôle prépondérant à l'échelle canadienne et surtout internationale. Cette carence explique vraisemblablement le fait que le Forum économique mondial reclassait le Canada, de la 12e place qu'il occupait en 2010, à la 25e place dans les nations les plus innovatrices. Notre bilan n'est guère plus édifiant parmi les membres de l'OCDE puisque le Canada se classe au 23e rang des pays qui investissent en innovation, en pourcentage de leur produit intérieur brut, soit un maigre 1,7 %.

Depuis plusieurs années, nos gouvernements investissent dans des programmes d'infrastructure traditionnelle afin de favoriser la croissance économique et créer des emplois à court terme. Cependant, la croissance dans une économie axée sur l'innovation provient davantage d'idées novatrices, lesquelles généreront des revenus récurrents, aussi bien pour les entreprises que pour l'État.

À cet égard, il est important de mettre en évidence le rôle que jouent nos centres de recherche à vocation industrielle au Québec, qu'il s'agisse du CRIQ, de FP Innovations, de l'INO, du COREM ainsi que d'autres incubateurs et accélérateurs de technologie.

Une véritable politique de l'innovation devrait impérativement favoriser leur contribution en mettant à leur disposition des instruments financiers pour mener à bien leur mission, comme le font d'ailleurs d'autres juridictions au Canada et aux États-Unis. Une telle aide ne peut et ne doit pas s'appuyer uniquement sur des crédits d'impôt, mais doit inclure des investissements directs permettant le développement de technologies de rupture essentielles au positionnement des entreprises, et ce, particulièrement en fabrication avancée.

L'innovation peut et doit jouer un rôle crucial dans la création de richesse au Québec pour les années à venir, et ce, au même titre que d'autres projets importants que le gouvernement a priorisés, tels que le Plan Nord ou la Stratégie maritime.

Souhaitons que l'économie du savoir et l'innovation soient pleinement reconnues comme une priorité qui permettra au Québec de prospérer en ce 21e siècle rempli de défis.

Jean-Guy Paquet,

président du conseil d'administration de l'lNO et ancien recteur de l'Université Laval (1977-1987)

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