Visa le noir, tua le blanc

Pour protéger la couronne de Montréal, on a... (Archives La Presse)

Agrandir

Pour protéger la couronne de Montréal, on a appliqué une médecine «de cheval» (l'analogie n'est pas fortuite) à tout le Québec, croit un lecteur.

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Soleil

En réaction à la lettre «Lutter contre l'étalement», parue le 30 décembre

L'objectif est louable et on s'y attelle depuis 1978, année de mise en vigueur de la Loi sur la protection du territoire agricole au Québec. Après 37 ans, elle demeure pratiquement inchangée et épaulée par la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, on a mis en place un système qui était censé dompter la bête du développement urbain en tache d'huile dans les plus belles terres agricoles de la périphérie de Montréal.

Et on a réussi! Bon maintenant, voyons les résultats. Étalement urbain sous contrôle relatif dans la couronne de Montréal, augmentation importante de la valeur des terrains dans les régions urbaines, mais aussi la presque impossibilité de croissance des populations dans les secteurs ruraux loin des grands centres. Pourquoi? Essayez de trouver un terrain pour vous construire à l'extérieur du village de n'importe quelle municipalité rurale du Québec : le zonage agricole contrôle tout, impossible sans acheter la terre au complet et encore, il faudrait qu'il y ait une maison déjà construite sur cette dernière. Les municipalités rurales, sclérosées, périclitent faute de main-d'oeuvre locale : qui veut s'installer sur un petit terrain de la banlieue immédiate «dézonée» d'un village de 500 habitants pour se taper la route aller-retour à la ferme pour y travailler? Aussi bien aller vivre en ville.

Au net? Exode rural, explosion des villes, densification et problèmes de circulation et stationnement dans les grands centres, et chômage à l'avenant. Il n'y a pas que les belles terres de la région de Montréal et en Estrie qui ont été soi-disant «protégées», on a peinturé le Québec au complet en vert. Le Québec, plus catholique que le pape dans cette nouvelle croisade religieuse des bien-pensants, a «protégé» la province tout entière contre le développement des régions, avec la bénédiction de l'Union des producteurs agricoles qui n'a compris que l'intérêt à court terme de ses membres les plus pesants, d'augmenter leurs actifs agricoles à petit prix. Aujourd'hui, avec un taux de chômage élevé malgré une géographie et des ressources forestières et agricoles importantes, c'est tout le Québec qui paie la note de cet excès de zèle.

Pour protéger la couronne de Montréal, on a appliqué une médecine «de cheval» (l'analogie n'est pas fortuite) à tout le Québec. On a réduit la capacité des régions à se développer, elles qui n'avaient aucun problème d'étalement urbain ni aucun besoin de protection de terres agricoles ou forestières. Faut-il se surprendre que l'on ait augmenté la pression démographique dans les villes aujourd'hui? On a tenté d'éviter l'étalement urbain, on a fait en sorte que la ville devienne la seule option de développement et de croissance pour les jeunes familles : visa le noir, tua le blanc!

André Verville, arpenteur-géomètre

Lévis

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer