Mieux aider tous les créateurs

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Le président et chef de direction de la Chambre de commerce, Alain Aubut

Le Soleil, Yan Doublet

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Point de vue
Le Soleil

En réaction au texte «Affaires et culture, une synergie gagnante» d'Alain Aubut, publié le 21 décembre.

Lettre à M. Alain Aubut, président et chef de la direction, Chambre de commerce et d'industrie de Québec

M. Aubut,

OUI, affaires, arts et culture vont de pair dans le développement d'une société, d'une culture, d'une civilisation. Il n'y a d'arts, d'oeuvres d'art, que si et seulement si la créativité artistique des artistes est intimement intégrée à la vie de la cité qui produit ces oeuvres d'arts, et partant, intimement intégrée à sa vie économique et financière. Ce sont très souvent les oeuvres d'art qui seules parviennent à survivre à la disparition de la culture et de la civilisation qui les a produites, des premières poteries mésopotamiennes d'il y a 9000 ans aux gothiques des cathédrales du Moyen Âge, en passant par les pyramides égyptiennes ou mayas, sans oublier les moaï de l'Île de Paques.

OUI, Québec, capitale nationale du Québec, «se distingue par sa vitalité économique et la qualité de son offre culturelle riche et diversifiée».

OUI, il va de soi que la CCIQ contribue «concrètement à la mise en valeur des forces culturelles de Québec pour assurer son rayonnement». Je félicite votre commission citoyenne à ce noble et fertile égard.

OUI, et vous avez bien raison de le dire, «le soutien du secteur privé pour notre bassin de créateurs fait cruellement défaut actuellement et cet état de fait constitue une erreur stratégique majeure pour Québec, car la créativité et l'innovation culturelle représentent le coeur de Québec».

Déjà, en 1988, il y a 27 ans... déjà... j'interpellais les gens d'affaires de Québec dans les pages opinions du Soleil («D'un artiste aux gens d'affaires», 23 juin 1988). En 1989, je fondais l'Art aussi | société en commandite, avec l'apport de plus d'une quarantaine d'investisseurs rassemblant un capital de 225 000 $ pour développer ma carrière de peintre, sculpteur et de céramiste à travers la Galerie d'un jour... une première qui aurait pu être exemplaire... mais cela n'a pas suffi puisque l'État non seulement ne nous a pas aidés, mais nous a nui. La Commission des valeurs mobilières du Québec (CVMQ) a eu la bonne idée de nous interdire de vendre nos participations sous prétexte d'appel public à l'épargne... malgré son pouvoir discrétionnaire.

À 61 ans, même si je suis toujours dans la force de l'âge et au sommet de mon art, j'en suis réduit, pour la première fois de ma vie, à quêter bientôt au bien être social du Québec une allocation de dernier recours pour survivre... alors que je croule sous les inventaires et quantité d'archives vouées à la destruction si rien n'est fait dans les meilleurs délais, puisque je ne puis indéfiniment assumer seul leur conservation et encore moins leur mise en valeur. C'est 42 ans de carrière bien remplie qui s'abîment dans le trou noir d'une Grande noirceur culturelle et sociétale. Je ne suis pas seul dans ce cas.

Pour attirer l'attention des médias, de l'opinion publique, du milieu des affaires, j'ai même incendié quelques oeuvres, comme on peint avec du feu, sur le parvis du Cercle le 30 janvier 2013... sans suite...

J'apprends grâce à vous aujourd'hui que le comité Affaires-culture du CCIQ présidé par Gaston Déry, président sortant de l'Opéra de Québec et vice-président responsabilité sociale chez Arrimage Québec, «propose un plan de développement de la philanthropie culturelle illustrant sa volonté de mieux encadrer et mettre en valeur les jeunes entrepreneurs culturels à fort potentiel à travers un continuum de services offerts par la CCIQ».

J'apprends donc que malgré tous mes efforts, malgré mon expertise, mon expérience de 40 ans d'activité professionnelle et mon «fort potentiel», je suis laissé pour compte, une fois de plus, pourrait-on dire.

S'il y en a toujours que pour les jeunes, que pour la relève, en laissant pour compte les forces matures, quel message envoyons-nous aux jeunes? Qu'ils seront abandonnés à leur sort la maturité venue? À quoi bon!?

Ce qui ne m'empêche pas encore de créer, non sans encore et toujours solliciter la participation du milieu des affaires, notamment par un appel d'offres concernant Le Dialogue ART/Cité, une oeuvre d'art public circulatoire monumentale à vocation artistique mais aussi récréative et scénique. Je sollicite donc votre aide pour qu'elle s'implante matériellement quelque part au Québec ou dans le monde. Par exemple à Central Park à NYC, ou dans le Jardin du Luxembourg à Paris, côté sous-bois et jardin ou côté cour, à moins que ce ne soit porte de la Muette dans le Bois de Boulogne...

J'ai besoin d'aide pour former un consortium d'entreprises québécoises agissant à l'étranger et concernées par la réalisation d'une telle oeuvre artistique et architecturale...

Choisir l'exportation, non pas l'expatriation

J'ai choisi de ne pas m'expatrier, il y a 40 ans, quand j'ai commencé ma carrière à Québec. Plus tard, j'ai choisi encore de demeurer à Québec, alors que je séjournais en France pour tenter de rayonner là-bas, pour que nous puissions exporter notre art et cesser d'en être réduit à l'expatriation pour rayonner hors Québec, tel Riopelle, le seul peintre du Québec ayant pu se hisser au sommet du marché de l'art international; le seul artiste en arts et métiers d'arts visuels québécois (mais français au sens du marché) admis dans le cénacle des salles de vente de Paris ou de NYC comme Sotheby's, ou Christie's, alors que Robert Lepage, les Violons du Roy, et tant d'autres vedettes québécoises des arts de la scène, de la télévision, de la chanson, de la musique classique et populaire, de la littérature, voire de la danse atteignent les sommets de leurs marchés respectifs internationaux.

Il n'y a aucune raison pour que les arts et métiers d'arts visuels de Québec et du Québec demeurent perpétuellement les cancres de la classe artistique québécoise. Mais encore faut-il vouloir que ça change, et ensuite décider d'y consacrer temps et énergie... À vous de voir. Moi, je suis toujours partant... sauf que, tout seul, ça ne peut pas fonctionner...

Luc Archambault

Prix Jean-Marie-Gauvreau 2006

Lévis

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