Décortiquer l'entente de Paris

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Selon l'auteur, l'avenir des changements climatiques dépendra de la science et des marchés et non des politiciens.

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Le Soleil

Le principal accomplissement de l'Accord de Paris est d'avoir recueilli l'assentiment d'un grand nombre de pays. Mais une lecture attentive permet de conclure qu'il ne forcera pas du tout ces pays à réduire leurs émissions de GES.

L'accord est en effet truffé de mots roucoulants qui n'ont pas de dents. Ainsi, le texte adopté par la convention des pays participants «prie», «invite», «reconnaît», «renouvelle son appel», «se félicite», «prend note», «note avec préoccupation», «demande» et «recommande». Parfois, il «décide», mais, encore là, les décisions ne visent pas d'engagements contraignants à réduire les GES.

Prenons les deux articles les plus importants de l'accord. L'article 3 (je cite la version anglaise, car c'est la version originale) dit qu'il incombe aux parties d'engager et de communiquer (all Parties are to undertake and communicate) des efforts ambitieux en vue de réduire les GES. Pas un mot sur le niveau d'ambition des efforts devant être engagés et aucune pénalité si un pays traite ses objectifs comme une simple formalité ou les relègue aux oubliettes après les avoir communiqués.

L'article 4 est aussi vague. Les parties cherchent à parvenir (aim to reach) au plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais... Un an, cinq ans, vingt ans, cent ans? Les pays développés continuent de montrer la voie en assumant des objectifs de réduction des émissions en chiffres absolus à l'échelle de l'économie (should continue taking the lead by undertaking economy-wide absolute emission reduction targets). À noter que l'ébauche précédente de l'entente disait: «shall set economy-wide targets» (fixeront des objectifs de réduction d'émission), mais le texte a été amendé par le président Hollande pour s'assurer de ne créer aucune obligation légale.

Bref, comme le dit James Hansen, ancien scientifique de la NASA et militant climatique, au sujet de l'accord: «En réalité, c'est une fraude, un simulacre [...] Ce sont des mots qui ne veulent rien dire. Il n'y a aucune action, que des promesses.»

La volonté collective de diminuer les émissions de GES se bute à l'indifférence individuelle. Les politiciens présents à Paris, qui ont vu leurs collègues européens payer un prix politique élevé pour avoir forcé leurs électeurs à payer pour des technologies coûteuses et peu efficaces comme les éoliennes et les panneaux solaires, ont pu signer cet accord édenté sans crainte d'être obligés de faire quoi que ce soit. Les électeurs québécois, eux, continueront-ils de tolérer les politiciens québécois qui poussent à grands frais notre province aux barricades de cette joute environnementale (par exemple, on paie ici l'essence la plus chère en Amérique du Nord)?

L'avenir des changements climatiques dépendra de la science et des marchés et non des politiciens. Il faut laisser les consommateurs adopter les meilleures technologies au moindre coût et non donner aux hauts fonctionnaires le droit de décider les solutions gagnantes. Comme le dit Bjorn Lomborg, environnementaliste reconnu mondialement, «tant qu'il n'y aura pas une percée qui rend les énergies vertes attrayantes de par elles-mêmes, des coupures massives de carbone ont très peu de chances de se produire».

Adrien Pouliot, Parti conservateur du Québec

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