Labeaume se donne les coudées franches

Le lac Saint-Charles... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le lac Saint-Charles

Le Soleil, Yan Doublet

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Le Soleil

La résolution 2015-94 adoptée jeudi par la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), soit dite pour protéger deux prises d'eau de la ville de Québec, ne contient aucun objectif, aucune prescription ni aucune donnée liés à des sources de contamination ou à des mesures de qualité de l'eau. Le libellé se limite à une prescription pour interdire la construction dans les bassins versants des rivières Saint-Charles et Montmorency, et ce, exclusivement en amont des prises d'eau de la ville. Alors que le maire Labeaume a accusé cette semaine la municipalité de Lac-Beauport d'être à la solde des promoteurs, il est pourtant celui qui chiffre la qualité de l'eau en nombre de chantiers de construction. Lac-Beauport appuyait plutôt son argumentaire pour se voir exclue du moratoire sur les milligrammes de matières polluantes par litre d'eau qu'elle mesure dans la rivière Jaune, à la sortie de son territoire.

Si la CMQ avait été le moindrement motivée à protéger efficacement la prise d'eau de la rivière Saint-Charles, elle aurait aussi adopté des mesures drastiques pour contrôler les nombreuses sources connues de pollution du lac Saint-Charles et dans le bassin de la rivière Saint-Charles sur le territoire de Québec. Elle ne l'a pas fait car il lui aurait alors fallu montrer du doigt les sels de déglaçage sur le chemin de la Grande-Ligne, les deux anciens dépotoirs des avenues Lapierre et Lac-Saint-Charles, les cimetières d'autos, en activité ou récemment fermés, des rues Roussin et Jacques-Bédard, les apports de la base de Valcartier, la canardière de la rue Jacques-Verret, ainsi que les opérations de la Ville de Québec qui pompe chaque printemps ses fosses septiques inondées dans la rivière Saint-Charles.

La CMQ, en n'adoptant jeudi aucune mesure pour protéger les puits de l'île d'Orléans ni les trois prises d'eau dans le fleuve Saint-Laurent, lesquelles abreuvent 200 000 résidants de la communauté métropolitaine et dont les sources de contamination sont plus préoccupantes que celles des rivières Saint-Charles et Montmorency, a fait la démonstration qu'elle est au service exclusif de la Ville de Québec. De surcroît, tout un chacun est venu jeudi saluer le courage de la préfète de la MRC de La Jacques-Cartier, la seule à se prononcer contre le projet de moratoire dicté par le maire Labeaume : quelle démonstration flagrante qu'il faut en effet avoir bien du courage pour oser s'opposer au régime de terreur imposé par Régis! La nouvelle préfète et mairesse de Lac-Beauport, Louise Brunet, a voté contre le moratoire en s'excusant à genoux devant le président de la CMQ, sous prétexte qu'il lui fallait respecter, contre son gré, la position ferme de son conseil municipal. La résolution du conseil contre l'inclusion de Lac-Beauport dans le moratoire a pourtant été adoptée la semaine dernière à l'unanimité, incluant le vote de la mairesse qui a d'ailleurs elle-même signé le document.

Le maire Labeaume avait bien sûr eu vent de la fragilité, de l'inexpérience et des volte-face de Mme Brunet. Elle n'a pas eu le réflexe d'aller chercher les appuis nécessaires auprès des préfets de la Côte-de-Beaupré et de L'Île-d'Orléans, comme elle s'était engagée à le faire en séance publique du conseil, pour l'aider à défendre à la table de la CMQ son autonomie municipale et les efforts collectifs, depuis 15 ans, des citoyens de Lac-Beauport à l'égard de la protection des berges et des cours d'eau. M. Labeaume, illico presto, a habilement profité de cette faiblesse sur le flanc nord pour lancer haut et fort un discours démagogique sans fondement, mais sous un vertueux prétexte environnemental, dont l'objectif sous-jacent est celui de récupérer chez lui les constructions qu'il aura réussi à bloquer là-haut.

Après avoir programmé le saccage du faubourg Saint-Michel de l'arrondissement historique de Sillery, Régis 1er se donne maintenant les coudées franches pour justifier demain le développement résidentiel sur les terres agricoles de Beauport. Les béni-oui-oui font des courbettes au passage et le gouvernement bienveillant signe les sauf-conduits dont le petit roi du cap Diamant a besoin pour étendre son territoire et pour bâtir sur les terres sacrées.

Marc Bertrand, urbaniste et conseiller municipal de Lac-Beauport

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