À quand un festival de la déprime?

Selon l'auteur, l'absence de neige au sol cette... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Selon l'auteur, l'absence de neige au sol cette année accentue la morosité ambiante.

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Le Soleil

Les Québécois sont vraiment un drôle de peuple. Maintenant qu'ils arrivent, fatigués, à la période la plus sombre de l'année, au moment où la Nature incite à se mettre au repos, qu'est-ce qu'ils s'apprêtent à faire? Diminuer le rythme? Se reposer? Prendre des vacances?

Non. Prendre des résolutions et continuer à foncer... N'en déplaise aux amoureux du temps des Fêtes, décembre est le mois le plus dur de l'année. Pas étonnant que ce soit le mois où il y a le moins de naissances au pays, selon Statistique Canada. Venir au monde en décembre est risqué. Dans le Journal de l'Association médicale canadienne de mars 2014, une étude révèle que les enfants nés en décembre ont 39 % plus de risques d'être traités pour des troubles d'hyperactivité à l'adolescence que s'ils étaient nés dans un autre mois. 

Les gens se disent épuisés à la fin de l'année. Et avec raison. La capacité pulmonaire est généralement à son plus bas à la fin décembre. On croit être en manque d'énergie, de temps, d'argent. En fait, on manque d'air... C'est en décembre que la capacité de résister aux maladies contagieuses et au stress arrive à son plus bas. La preuve : nos cellules infirmières, les leucocytes, sont fabriquées en grand nombre en décembre. Comme si le corps était programmé pour tomber malade. Mais le plus dur est ailleurs. Dans la lumière du jour. 

L'absence de neige au sol cette année accentue cruellement la noirceur et la morosité ambiante. À Montréal, la longueur du jour est de moins de 9 heures en décembre, comparé à 16 heures en juin. Ce déficit de lumière passe habituellement inaperçu quand il y a de la neige au sol. Comme la neige peut réfléchir 90 % de la lumière du soleil, un couvert de neige améliore beaucoup la qualité de la lumière ambiante, même en ville. Sans compter l'humeur des gens. 

Mais où sont les Gilbert Rozon, les Grégory Charles et autres promoteurs de festivals quand on aurait besoin d'eux? Ce n'est pas en été que les Québécois sont le plus abattus et qu'ils ont le plus besoin de prendre une pause et de se divertir. Dans son livre Abolissons l'hiver (Boréal 1999), l'anthropologue Bernard Arcand suggère de fermer le Québec pour l'hiver. Toute la population prendrait ses vacances en même temps. Comme chez les Inuits. Pendant l'été, les Inuits chassent et pêchent, dispersés sur un vaste territoire, alors qu'en hiver, les familles habitent en commun. L'été, c'est le travail. Et l'hiver, c'est le temps du social, la fête du groupe, le «triomphe de la mentalité communautaire». Les colons de Nouvelle-France avaient compris le principe. Chaque année, en hiver, les colons français dans leurs «habitations de Kébec», avaient pris l'habitude avant le Carême de se regrouper pour des célébrations et des fêtes de famille. Ils dansaient, ils chantaient, ils fêtaient des jours durant. La coutume, passée de génération en génération, a même reçu un nom des centaines d'années plus tard : le Carnaval de Québec.

Gilles Brien, météorologue et auteur du livre Les baromètres humains : comment la météo vous influence, Laval

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