Phare ou mirage?

Le Phare de Québec... (Image fournie par Le Groupe Dallaire)

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Le Phare de Québec

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Point de vue
Le Soleil


Le terrain du boulevard Laurier est maintenant vacant et rien n'indique que le projet du Phare soit abandonné. Cette envie de succomber aux mirages des villes à l'Américaine n'est pas nouvelle à Québec depuis les années 70 : colline parlementaire, autoroute Dufferin et quelques tours sans grande valeur architecturale. Mais qui, aujourd'hui, a du plaisir à se balader en plein hiver aux abords du Complexe G et du Hilton? Québec n'est pas Toronto ni encore moins Paris où les principes de nordicité n'entrent pas du tout en jeu.

Dans les années 90, j'assistais à Québec à un congrès international des Villes nordiques; on y parlait de leurs principes d'aménagement propres : enneigement, vent, manque d'ensoleillement, etc. À Québec, la seule réelle préoccupation, c'est de bien ramasser la neige mais en général notre architecture ne considère à peu près pas ces facteurs typiques aux villes nordiques À ce même congrès, on disait que, sur une échelle de 0 à 10, 0 signifiant le dégoût total de l'hiver et 10, l'amour fou, les Scandinaves se situaient quelque part vers 7, et nous, pauvres Québécois, vers le 3. Pouvons-nous expliquer cette théorie en supposant que les Scandinaves ont toujours habité leurs pays depuis des millénaires et que nous, sommes des nordiques «obligés» depuis quelques siècles seulement? Y a-t-il quelque chose de génétique là-dedans?

Déjà, plusieurs groupes d'architectes et d'urbanistes ont exprimé leur refus de voir ce projet se concrétiser. Pour plus d'argumentation scientifique sur ce sujet, vous pouvez consulter un intéressant article publié le 24 février par le Groupe de recherche en ambiances physiques, (GRAP) dans la version électronique du Soleil.

Un phare sur le boulevard Laurier pour prouver quoi? Que nous sommes les «plus» meilleurs? Mais voyons, il est possible d'être respectueux de notre climat et de notre ville tout en étant fiers d'elle. Soyons inventifs et créons des ensembles nouveaux dignes de ce nom, des projets qui nous démarqueront et non pas des copies conformes à toutes les villes nord-américaines. Il n'y a rien de nouveau à faire comme tout le monde!! Sur le terrain en question ici, un projet très dense mais d'une hauteur humaine pourrait très bien satisfaire non seulement les promoteurs mais aussi les résidents du secteur ainsi que les utilisateurs.

N'écoutons pas les Clotaire Rapaille de ce monde dire que nous souffrons d'un complexe «masochiste» devant Montréal et les autres villes nord-américaines. Soyons nous-mêmes et les touristes viendront, non pas pour voir ce qu'ils voient ailleurs, mais bien pour notre spécificité, unique en Amérique du Nord.

Assistons-nous à la rencontre des Phalliques contre les Nordiques?

Alfred Martel, architecte retraitéVille de Québec

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