La stigmatisation institutionnalisée

Des enquêteurs du FBI examinent la scène de... (PHOTO JAE C. HONG, AP)

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Des enquêteurs du FBI examinent la scène de la fusillade survenue entre les auteurs présumés du carnage et les policiers, à San Bernardino, jeudi.

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Point de vue
Le Soleil

Une folle tuerie en Californie finit par emporter 14 innocentes personnes, en ce mercredi 2 décembre.

Avant de livrer mon commentaire, je voudrais d'abord exprimer mes sympathies aux victimes et à leurs familles. Et, aussi je tiens à dénoncer fortement et fermement la violence dans toutes ses formes et surtout ses sources et supports: l'injustice, la libre circulation des armes (inébranlable aux USA), la propagation des armes et de la culture de guerres et de peur.

Lorsqu'une tuerie est commise par un Blanc, on parle de fou solitaire.

Lorsqu'un acte identique est commis dans les mêmes circonstances, mais cette fois-ci par un porteur de nom arabe, le nom devient si important que l'on concentre l'attention, pour laisser planer le doute au niveau de l'opinion publique, sur un potentiel caractère terroriste, de type islamiste. Et, pourtant, aucune revendication de type idéologique n'est là pour soutenir l'acte.

Pourquoi ne pas voir en la personne porteuse de nom arabe, un fou solitaire, comme tous les autres? Pourquoi faire sentir aux communautés des arabes et des musulmans qu'elles doivent porter le chapeau des actes commis par toutes les personnes porteuses de noms arabes et musulmans?

Nourrir l'opinion publique de l'idée qu'une folie commise par une personne porteuse de nom arabe ou musulman relève systématiquement du terrorisme: c'est bien ça que je qualifie de stigmatisation institutionnalisée.

Stigmatisation institutionnalisée, car ces propos sont issus des déclarations des services publics de sécurité, et relayés par les médias. À quelques jours déjà de l'événement, aucune contre-déclaration officielle n'est venue dissiper le doute qui plane. Le doute finit alors par s'installer aisément dans les esprits, et vient confirmer encore une fois et à tort que le musulman est associé par défaut au terrorisme.

Pour venir à bout de la stigmatisation, il y a encore un long chemin à faire. Pourquoi ne pas déjà commencer par prendre conscience de l'effet ravageur de ce phénomène? Pourquoi ne pas prendre conscience que la stigmatisation nourrit le sentiment d'injustice, envenime les rapports sociaux et pousse à la radicalisation? À moins que ce soit le but recherché...

Dr Brahim Benyoucef, Laval

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