Pour le transport du pétrole par pipeline, à une condition

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Le Soleil

Selon un sondage récent, l'opposition des Québécois au projet de pipeline de la compagnie TransCanada a atteint 57 %. Je comprends très bien cette opposition et je la partage dans les conditions actuelles mais j'aurais bien aimé qu'on pose aussi la question suivante : «Jugez-vous plus sécuritaire que le pétrole consommé au Québec soit acheminé par pipeline, par train ou par bateau?»

Dans le contexte actuel, la compagnie Enbridge a sans difficulté obtenu le feu vert pour inverser son pipeline déjà âgé de 40 ans en direction du Québec et la compagnie TransCanada propose de construire un autre pipeline traversant le Québec pour ensuite acheminer le pétrole vers le Nouveau-Brunswick et l'exporter par voie maritime. Elle a bien rendu publique la signature d'accords avec les raffineries de Montréal et de Lévis, mais aucun engagement ferme n'a été pris.

Pendant ce temps, tout porte à croire que l'essentiel du pétrole consommé au Québec continuera à y être amené par des bateaux et des trains, pour respecter les choix les plus profitables des libres entreprises. Il y a là une absurdité qui devrait sauter aux yeux. Non seulement un tel choix vient-il multiplier les risques de désastres environnementaux et humains, mais il constitue aussi un gaspillage absurde.

Si les compagnies de raffinage et de distribution acceptaient de traiter le pétrole albertain et de mettre fin à l'importation du pétrole par voies ferroviaires et maritimes, le portrait de la situation serait tout autre, mais ce n'est pas le cas actuellement et cela ne semble même pas faire partie du débat public actuel.

Si le contrôle des risques environnementaux et humains a un sens, il faut absolument que nos États, appuyés par l'opinion publique, trouvent le moyen d'imposer la solution la moins dommageable pour le transport du pétrole, même si cela devait représenter un changement révolutionnaire dans l'ordre politico-économique. L'enjeu est trop important pour que le débat public sur cette question continue d'ignorer cette piste de solution institutionnelle.

Nous devrions alors accepter de consommer du pétrole sale pour un certain temps, pendant la transition vers d'autres énergies, mais je doute fort que les impacts nocifs supplémentaires soient plus lourds et plus risqués que ceux de l'absurde solution actuellement proposée par les entreprises, qui traitent une telle question avec l'imperturbable logique exclusive de leurs profits maximaux.

Denis Blondin, Québec

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