Un délai pour les sans-statuts

Des milliers de personnes d'origine haïtienne et zimbabwéenne... (Collaboration spéciale Ulysse Lemerise)

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Des milliers de personnes d'origine haïtienne et zimbabwéenne vivent dans la peur et la crainte constantes de se faire renvoyer dans leur pays d'origine dont la situation est précaire, instable, désastreuse et à risque, souligne l'auteur.

Collaboration spéciale Ulysse Lemerise

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Le Soleil

Lettre au premier ministre Justin Trudeau

Dans le contexte actuel du changement majeur qui vient de s'opérer à Ottawa, le Comité d'action des personnes sans statut (CAPSS) tient à vous féliciter pour cette éclatante victoire. Pour la plupart des Canadiens, l'arrivée au pouvoir de votre Parti politique semble présager l'accomplissement de tant d'espoirs si longtemps contemplés que les promesses faites au cours de votre campagne électorale, si elles sont tenues, vont accentuer encore davantage l'élan du 19 octobre 2015. 

Dans une conjoncture aussi prometteuse que celle-ci, notre comité, qui a pour mandat d'accompagner et de soutenir les personnes sans statut vivant au Canada, salue le changement de cap qui vient déjà d'être amorcé au niveau de l'ex-ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration, dont la nouvelle dénomination est fort significative. Néanmoins, nous souhaitons très sincèrement que cela ne soit pas purement symbolique. 

Monsieur le premier ministre, depuis la levée du moratoire, le 1er décembre 2014, des milliers de personnes d'origine haïtienne et zimbabwéenne, dont certaines demeurant dans le pays depuis 3, 5 et même 10 ans, avec des enfants en bas âge ou nés au Canada, vivent dans la peur et la crainte constantes de se faire renvoyer dans leur pays d'origine dont la situation est précaire, instable, désastreuse et à risque.

Permettez-nous de vous faire part qu'au cours de la campagne électorale, les membres de notre comité ont applaudi chaudement à l'annonce qu'un futur gouvernement du Parti libéral allait presque tripler le nombre de migrants venant du Moyen-Orient que le Canada accueillerait. Et, tout de suite, ils ont déduit que ce serait anormal qu'un gouvernement veuille accueillir tant de réfugiés d'une main et, de l'autre, renvoyer des gens qui sont déjà intégrés à la société canadienne. Sur ces réflexions, bon nombre d'entre eux ont caressé l'espoir qu'un parti politique responsable prônant le changement ne devrait ni ne pourrait adopter une politique aussi contradictoire, insensée et suicidaire à la fois.

Aussi, Monsieur le premier ministre, au nom des personnes sans statut confrontées à la levée de la suspension temporaire des renvois, dont plusieurs ont reçu, durant la période de transition entre les deux gouvernements, un avis de convocation ou de déportation; au nom de toutes les personnes dont la situation est irrégulière au Canada, le Comité d'action des personnes sans statut vous exhorte à faire cesser les renvois ordonnés par l'ex-gouvernement conservateur, d'accorder trois mois de délai à toute personne sans statut désireuse de présenter une demande d'accès à la résidence permanente et, enfin, d'adopter une mesure globale et collective, à l'instar de celle décidée par votre père, le très honorable Pierre Elliott Trudeau sous son gouvernement, intitulée : Opération mon pays (loi C197) - (août-octobre 1973). Exception faite du Parti conservateur, les autres partis politiques fédéraux nous ont déjà promis un soutien ferme sur cette question. 

Pour mémoire, Opération mon pays avait permis à des milliers de personnes de régulariser leur situation et de devenir, par la suite, des citoyennes et des citoyens canadiens à part entière. À titre d'exemple, l'actuel député de Bourassa, Emmanuel Dubourg, qui fait partie de votre formation politique, a bénéficié de cette mesure spéciale.

Monsieur le Premier Ministre, n'est-ce pas le temps pour le Canada de renouer avec ses vraies valeurs? Celles de la «Terre des Hommes» où l'État comme un bon citoyen tend la main et accueille l'autre, à la recherche d'un refuge, comme un frère, comme une soeur ou comme son semblable-différent?

Tout en vous remerciant de l'attention que vous accorderez à notre requête, nous vous prions, Monsieur le Premier Ministre, d'agréer l'expression de notre très haute considération. 

Serge Bouchereau, porte-parole du Comité d'action des personnes sans statut

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