Des citoyens égaux

De nouveaux citoyens canadiens prêtant serment... (La Presse Canadienne, Andrew Vaughan)

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De nouveaux citoyens canadiens prêtant serment

La Presse Canadienne, Andrew Vaughan

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Point de vue
Le Soleil

La controverse entourant la loi C-24 du gouvernement Harper, que les libéraux ont promis d'abroger, refait surface après les évènements tragiques de Paris. Cette fois, c'est le président Hollande qui évoque la possibilité d'adopter une loi similaire, mesure qui permettrait de retirer la citoyenneté à des Français condamnés pour des actes terroristes, qu'ils soient nés en France ou naturalisés, pourvu qu'ils aient la double nationalité. La question se pose : la citoyenneté est-elle un droit acquis et intouchable?

Certainement. Et, d'une manière ou d'une autre, cette question relève à la fois de la signification qu'on donne à la citoyenneté et de considérations égalitaires.

Dans un premier sens, tout retrait de la citoyenneté a un effet sur ce qu'est la citoyenneté. On retire certains droits acquis à une personne. L'acquisition, par la naissance ou l'attribution, est censée symboliser la cristallisation de droits inaliénables. Ce retrait vient alors déminer la perception populaire et la nature de ce qu'est la citoyenneté, transformant un état permanent en un privilège révocable. Dès que l'on commence à concevoir la citoyenneté comme un privilège, on vient indéniablement changer la relation entre l'État et son constituant.

D'un autre côté, une mesure qui vise uniquement les citoyens binationaux n'est-elle pas foncièrement discriminatoire, surtout lorsqu'on considère que ceux-ci sont souvent immigrants? La possibilité d'un éventuel retrait viendrait créer deux classes de citoyens : ceux qui sont citoyens ad vitam aeternam et ceux qui pourront éventuellement ne plus l'être. On peut comprendre qu'il existe entre ces deux classes une marche énorme, une terrible distance, un isolement et une inégalité qui affaiblirait notre tissu social. 

Dans toute cette histoire, la sécurité doit rester une priorité. J'ai toutefois l'impression qu'on ne doit pas tomber si facilement dans le discours fermé de peur de l'autre et de ses différences. La sécurité, ça s'arrange, mais la citoyenneté se doit de conserver son «telos», sa raison d'être.

Alexandre Thibault, Québec

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