À quand un Uber en santé?

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Le Soleil

L'arrivée d'Uber a forcé l'industrie du taxi à entrer dans la modernité. À titre d'exemple, le paiement électronique, impensable jusqu'ici, est maintenant offert. D'autres améliorations depuis longtemps souhaitées par la clientèle ont été ou seront apportées. L'arrivée d'un compétiteur performant (même si sa légalité reste à établir) a sonné le réveil de ce secteur d'activités.

Un Uber en santé, ce n'est pas pour demain : les médecins n'ont pas à s'inquiéter! Un proche, médecin et professeur dans une faculté de médecine indiquait qu'à moins d'une crise, le système de santé ne changera pas. Cette crise, déjà latente, devrait éclater vers 2030. À ce  moment, il y aura deux travailleurs pour un aîné et une très grande partie des revenus de l'État sera requise pour les soins de santé. Le mur est devant nous. Nous nous en approchons chaque année : entre 2004 et 2014, les dépenses en santé ont augmenté de 65 % en regard de 38 % pour le PIB, c'est-à-dire la richesse que nous créons collectivement. Les quelques mesures qui sont prises actuellement pour améliorer l'accessibilité et contrôler les coûts seront annulées par la hausse de la demande en raison du vieillissement de la population : un aîné recourt cinq fois plus souvent au système de santé qu'un plus jeune.

Changements cosmétiques

Les soins de santé en 2015 sont toujours dispensés selon le modèle établi vers 1970. Ce modèle est dysfonctionnel. Si un étudiant en administration proposait à son professeur le type d'organisation qui prévaut en santé, il serait recalé. Peut-on imaginer, par exemple, une très grosse firme de génie, dont les ingénieurs seraient des travailleurs autonomes, c'est-à-dire des gens payés par l'organisation mais sur lesquels celle-ci aurait peu de contrôle? C'est pourtant ainsi que ça fonctionne en santé, une affaire de 32 milliards.

Le mode de rémunération à l'acte est un frein important dans l'évolution du système de santé et comporte plusieurs effets pervers. Pourquoi les fédérations de médecins sont-elles si peu enclines à déléguer certains actes aux infirmières, aux pharmaciens? C'est plus pour protéger leurs revenus que leurs patients. Pendant ce temps, ces derniers attendent et attendent...

Dorénavant, le ministre de la Santé, à la suite des pouvoirs (excessifs) qu'il s'est octroyés, est en mesure de déterminer la couleur des stylos à être utilisés par le personnel salarié du réseau. Mais paradoxalement, devant ses médecins travailleurs autonomes, celui-ci en est réduit à déplorer que seulement le tiers d'entre eux utilisent le Dossier de santé Québec, source d'information très utile dans lequel des centaines de millions ont été investis mais qu'il ne peut leur imposer comme outil de travail à moins... d'offrir une prime additionnelle, une autre! En Ontario, seulement 38 % des médecins sont rémunérés à l'acte. Par ailleurs, on y compte 2000 «super infirmières» contre moins de 200 au Québec. Là-bas, ces professionnels font équipe pour le bien du patient.

Pour ce qui est de l'accessibilité aux soins de santé en temps opportun, le Canada fait plutôt mauvaise figure en regard de pays comparables. À l'intérieur du Canada, le Québec est dans les derniers de classe. D'où l'urgence de moderniser notre façon de livrer les soins. Ainsi, le gouvernement préconise, avec raison, de garder les aînés le plus longtemps possible dans leur résidence. Pourquoi alors une infirmière visiteuse ne pourrait-elle pas prescrire une prise de sang et encore mieux faire le prélèvement au lieu d'obliger des personnes vulnérables à aller faire la file quelque part pour ces mêmes services? Rêvons un peu plus. Pourquoi un patient ne pourrait-il pas dans certains cas consulter son médecin par téléphone et obtenir une prescription à lui être transmise par courriel? Malheureusement, les courriels ne sont pas encore arrivés dans les bureaux de médecins. On en est encore au télécopieur.

Dommage qu'un Uber soit encore loin! En attendant, des Québécois souffrent et n'en ont pas pour leur argent.

Guy Gagné retraité et ex-membre du conseil d'administration d'un centre hospitalier

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