Train à grande fréquence: un projet qui me laisse tiède

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VIA vivote, et 30 ans ont été perdus, preuve, s'il en est, de l'impuissance et de l'incompétence du ministère fédéral des Transports, estime l'auteur.

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Le Soleil

En réaction au texte «Le séduisant projet de VIA Rail» de Gilbert Lavoie, paru le 3 novembre dans Le Soleil. 

Ce que vous appelez le séduisant projet de VIA Rail me laisse tiède, c'est le moins qu'on puisse dire. 

À titre d'ancien pdg de VIA Rail, j'ai fait réaliser la première étude exhaustive sur une liaison moderne par train passager entre Québec et Toronto. Nous avions retenu le concept d'un train à grande vitesse (entre 250 et 300 km/h) électrifié sur voie exclusive, évidemment. Ce choix était appuyé sur une étude de marché exhaustive. 

Le gouvernement Mulroney, aux prises avec l'héritage financier des années Trudeau, échaudé par divers projets avortés très coûteux, conseillés par une fonction publique sans aucune compétence dans le domaine et sans vision à long terme, tout comme maintenant d'ailleurs, à refusé même de prendre connaissance du dossier. 

J'ai été remplacé par le pdg du CN, Lawless, chargé de réduire VIA à sa plus simple expression, sinon l'abolir, ce qui était l'option préférée des mandarins du Conseil du Trésor. Je crois bien que le renouveau que j'avais insufflé dans le service du Corridor rendait cette option politiquement inacceptable. 

Depuis, VIA vivote, et 30 ans ont été perdus, preuve, s'il en est, de l'impuissance et de l'incompétence du ministère fédéral des Transports. Il est vrai que M. Pelletier a tenté de faire revivre le dossier avec les mêmes conseillers que j'avais utilisés précédemment. 

Croyant que le coût de l'option grande vitesse constituait le principal obstacle à l'adoption d'un service modernisé, il a proposé une solution de rechange moins performante, mais soi-disant plus abordable pour les esprits simples qui règnent dans les couloirs du pouvoir à Ottawa. Même celle-ci a été mise de côté. 

Au fond, on revient sans doute avec le même scénario, en pire, avec la mise à l'écart de la liaison Québec-Montréal sur la rive nord, seule option valable incidemment, toutes les études l'ont démontré. Le coût d'un service conventionnel électrifié (je suppose que l'option électrification est retenue) sera certes moins élevé qu'un train rapide, mais pas nécessairement en terme de bénéfice-coût à long terme, l'achalandage augmentant fortement avec la vitesse et la fréquence et cette dernière étant moins onéreuse avec des rames rapides. 

On devrait aussi réaliser une autre liaison rapide entre Calgary et Edmonton. Ces projets, le Canada a les moyens financiers de les concrétiser. Ce qui a toujours manqué, c'est plutôt l'intervention d'hommes et de femmes d'État de vision. 

Ce pays a été fondé et sauvegardé contre vents et marées à plusieurs reprises, notamment lorsque son existence même dépendait d'un projet apparemment insensé, la construction de voies ferrées transcontinentales. Pas par des comptables à la petite semaine qui n'auraient certes pas mis en orbite l'astronaute qui est maintenant à la tête des Transports au Canada. 

Espérons que ce dernier a conservé l'appétit des sommets où la science et l'audace l'ont placé. 

Denis de Belleval, ancien pdg de VIA Rail, Québec

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