Des milieux de soins sans fumée

De nombreux milieux de santé québécois devancent la... (Archives La Presse Canadienne)

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De nombreux milieux de santé québécois devancent la Loi sur le tabac afin d'offrir une meilleure protection contre les méfaits de la fumée de tabac à leurs patients, employés, bénévoles et visiteurs.

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Le Soleil

(Québec) Mercredi dernier, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) annonçait l'élimination progressive des endroits où l'usage du tabac est permis, que ce soit à l'intérieur de ses installations ou sur ses terrains. Cette initiative n'est que le plus récent exemple de milieux de santé québécois devançant la Loi sur le tabac afin d'offrir une meilleure protection contre les méfaits de la fumée de tabac à leurs patients, employés, bénévoles et visiteurs.

En effet, de nombreux autres établissements ont eux aussi mis de l'avant des politiques qui éliminent les fumoirs, les chambres où il est permis de fumer ainsi que les attroupements de fumeurs sur les terrains. On compte parmi ceux-ci l'Institut Philippe Pinel de Montréal (2005), l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal (septembre 2015), l'Institut universitaire de santé mentale Douglas (2015-2016) et le Centre jeunesse de Montréal (20142015).

Ces politiques sont d'autant plus sensées que leur mise en oeuvre inclut un important volet d'accompagnement des fumeurs : suivi personnalisé, interaction avec des spécialistes de l'abandon et accès aux thérapies de remplacement (timbres, inhalateurs) et autres aides pharmacologiques à la cessation.

Très prochainement, le projet de loi 44 déposé par la ministre déléguée à la Santé publique, madame Lucie Charlebois, sera soumis à l'étude détaillée par la Commission de la santé, lors de laquelle les divers amendements soulevés pendant les récentes consultations publiques seront débattus.

En interdisant notamment de fumer sur les terrasses de bars et de restaurants et dans un rayon de neuf mètres des entrées de tout édifice accueillant le public, le projet de loi assure un progrès au sein de pratiquement tous les lieux publics ... tous sauf les établissements de santé! Ainsi il sera permis, comme par le passé, d'aménager des chambres «fumeurs» de même que des fumoirs dans les hôpitaux, centres jeunesse, centres de réadaptation et départements de psychiatrie.

Pourtant, les risques liés à l'usage du tabac dans ces lieux ont été amplement démontrés dans le cadre des cinq jours de consultations à l'Assemblée nationale sur le projet de loi - que ce soit l'adoption du tabagisme par les adolescents lors de leur séjour dans un centre jeunesse, le risque d'incendie dans une chambre où peut fumer un patient à mobilité réduite, l'exposition continue des employés et visiteurs à la fumée secondaire associée à l'inefficacité générale des fumoirs (les normes étant rarement respectées), ou encore les difficultés interpersonnelles associées à la gestion des cigarettes dans les instituts de santé mentale.

C'est pourquoi, lors des consultations, plus de trente groupes ont exprimé leur appui à des amendements visant à interdire les fumoirs et les chambres «fumeurs» dans les milieux de santé - mais permettant la présence de fumoirs dans les centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD) où, malgré leurs lacunes, ces fumoirs constituent la meilleure solution pour permettre aux personnes souvent peu mobiles de continuer à fumer dans leur propre milieu de vie.

Ce n'est qu'un leadership provincial qui puisse assurer l'accès universel à un environnement sans fumée pour l'ensemble des patients et employés d'un milieu de santé au Québec. L'enchâssement de telles mesures dans la Loi assurerait un effort collectif au sein duquel tous les établissements bénéficieront des campagnes d'information qui accompagneront la mise en oeuvre de la nouvelle Loi.

Surtout, la Loi sur le tabac ne devrait pas demeurer en retard par rapport aux meilleures pratiques qui se concrétisent déjà sur le terrain. Elle devrait constituer un moteur de changement social et, ce, surtout auprès des entités chargées de promouvoir et de protéger la santé.

Christian Schryburt, président du Conseil d'administration de l'Association pulmonaire du Québec

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