Au menu d'Un souper presque parfait: une pointe d'iceberg

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Le Soleil

La Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN) et l'Association du Québec pour l'intégration sociale (AQIS) observent depuis mardi dernier l'immense tollé provoqué par une jeune femme qui a émis des idées personnelles sur la place à part des «handicapés» dans la société lors d'une émission à grande écoute, Un souper presque parfait, édition du 19 octobre 2015. Dans ce brouhaha ambiant, on entend tout et son contraire. Des internautes crucifient la candidate sur la place publique, allant jusqu'à la comparer à Guy Turcotte, rien de moins. D'autres volent au secours des personnes ayant des limitations et, confondant bêtise et déficience intellectuelle, lui attribuent un handicap sans se rendre compte qu'ils reproduisent ainsi le comportement qu'ils dénoncent.

À la suite du déferlement dans les médias d'opinions, d'excuses, de messages de soutien et d'annonces de dépôts de plaintes, la COPHAN et l'AQIS s'interrogent : et si les propos de cette jeune femme, certes inacceptables, n'étaient que la pointe de l'iceberg? Car, parlons franchement : qui n'a jamais entendu ou même prononcé au moins une des affirmations suivantes :

 «Hein? Ton collègue est aveugle? Comment il fait pour travailler?»

 «Handicapé, la belle affaire... Je me casse la tête à travailler pendant que mon voisin, lui, reste tranquille à la maison à recevoir un gros chèque.»

 «Je vais me stationner là cinq minutes. De toute façon, ils en donnent à n'importe qui, des vignettes pour handicapés.»

«Oh chanceuse, soi-disant pour des adaptations, ton appartement est refait au complet et c'est le gouvernement qui paye!»

Ou bien, dans un autre registre :

«Je les aime bien, moi, les handicapés. Ils sont gentils et toujours de bonne humeur.»

«My God! Je crois que si je devais tomber handicapé, je me suiciderais.»

«La petite madame dont vous poussez le fauteuil roulant, est-ce qu'elle aimerait ça du lait dans son café?»

D'un côté, les personnes ayant des limitations sont des privilégiées, des assistées, des parasites qui, dans un contexte économique sinistre comme le nôtre, sont un fardeau pour les bons payeurs de taxes. D'un autre, ce sont de pauvres petites choses vulnérables qui nécessitent notre compassion.

Selon la COPHAN et l'AQIS, les propos d'Anne-Marie ne sont rien de plus que le reflet d'un manque de connaissance du handicap plus généralisé qu'on ne le croit. Et les déclarations bien intentionnées des défenseurs des personnes ayant des limitations sur les réseaux sociaux ne font pas plus avancer le débat.

La COPHAN et l'AQIS, qui travaillent depuis plusieurs décennies à construire une société inclusive, constatent qu'il y a encore malheureusement bien du chemin à parcourir. Alors, plutôt que de taper sur une fille qui parle à travers son chapeau, pourrions-nous mettre nos énergies à combattre collectivement les préjugés envers les personnes en situation de handicap?

Richard Lavigne, directeur général COPHAN (Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec)

Anik Larose, directrice générale AQIS (Association du Québec pour l'intégration sociale)

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