Les plus vulnérables sont des victimes directes des compressions

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Le programme de solidarité sociale qui doit venir en aide aux personnes vivant avec des problèmes de santé mentale, d'incapacité physique ou de déficience intellectuelle subit une réduction malgré le nombre élevé de personnes qui y auraient droit, souligne l'auteur.

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Le Soleil

Monsieur le premier ministre, les compressions budgétaires du gouvernement du Québec ont des répercussions là où les besoins sont pourtant criants. Les programmes touchés, visant particulièrement les personnes vulnérables, sont lourds de conséquences sociales et économiques, a constaté la Protectrice du citoyen dans son dernier rapport annuel.

Il apparaît clair maintenant que des objectifs de réduction budgétaire ont pour cible des Québécois parmi les plus démunis. On observe particulièrement que le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) rend de plus en plus difficile aux personnes ayant des contraintes de santé sévères l'accès à l'allocation de revenu qui leur est destinée. 

Le programme de solidarité sociale qui doit venir en aide aux personnes vivant avec des problèmes de santé mentale, d'incapacité physique ou de déficience intellectuelle subit une réduction malgré le nombre élevé de personnes qui y auraient droit. Entre 2012 et 2015, le nombre de personnes admises  à l'allocation pour contraintes sévères à l'emploi a chuté de 131 156 à 127 924.

Nous nous opposons à la prétention du MTESS voulant que la diminution du nombre de personnes qui ont recours à l'aide sociale est le résultat d'une amélioration du marché du travail. Cela ne peut être évoqué pour les nombreuses personnes pour qui l'emploi est hors d'atteinte, soit en raison de la nature de leur handicap, soit par la rareté d'emplois adaptés à leur condition. Comme employeur, le gouvernement du Québec est le premier fautif à cet égard.

Le MTESS effectue également des compressions radicales à son Programme d'aide et d'accompagnement social (PAAS Action) qui s'adresse majoritairement aux personnes éloignées du marché du travail en raison d'incapacités physiques ou intellectuelles ou de troubles de santé mentale. Ce programme d'insertion sociale offre des occupations valorisantes à des personnes qui ne peuvent accéder à moyen terme à un emploi régulier. Le PAAS Action est aujourd'hui le seul programme de cette nature parmi les services gouvernementaux depuis que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a aboli les siens.

De juillet 2013 à juillet 2015, le nombre de personnes admises au PAAS Action est passé de 3627 à 2617, soit une suppression de plus du quart des places disponibles. Des témoignages de partout au Québec font état d'annonces de nouvelles évictions du programme et de refus d'y inscrire des participants. Aucune alternative n'est proposée aux personnes écartées.

Cette érosion du programme a été faite malgré les nombreuses représentations du RACOR en santé mentale et les paroles rassurantes des interlocuteurs ministériels rencontrés.

Ces compressions ont de graves impacts sur des personnes vulnérables. Elles se voient freinées dans leur parcours vers le rétablissement et dans leurs efforts de participation à la vie citoyenne. Leur santé physique et mentale en est affectée. 

Nous faisons appel à vous, M. le premier ministre, pour que le gouvernement du Québec abandonne cette dérive et qu'il guide dorénavant son action dans le respect des engagements de l'Assemblée nationale à l'égard de la lutte à la pauvreté et de l'amélioration des conditions de vie des personnes handicapées. 

Une première action attendue serait de faire en sorte que le  MTESS et le MSSS se concertent dorénavant. À l'évidence, il leur appartient de développer conjointement des programmes de participation sociale, d'employabilité  et de soutien au revenu à l'intention des Québécois qui vivent avec des contraintes de santé. Cet appel a été lancé à plusieurs reprises dans le passé par le mouvement des personnes handicapées et celui des organismes de la santé mentale. 

Nous espérons cette fois une meilleure écoute et nous vous assurons de notre disponibilité à collaborer avec les autorités ministérielles dans la conception et la mise en oeuvre de ces nouveaux programmes. Dans l'intervalle, nous demandons que le programme PAAS soit l'objet d'un moratoire de compressions en terme de nombre de places et de clientèles visées.

Charles Rice, président du Réseau communautaire en santé mentale (COSME), directeur de l'AGIR en santé mentale

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