Débats parlementaires: le fond a tué la forme

L'Assemblée nationale du Québec... (PHOTO ARCHIVES LE SOLEIL)

Agrandir

L'Assemblée nationale du Québec

PHOTO ARCHIVES LE SOLEIL

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Point de vue
Le Soleil

Le singe grimace, émet des sons, saute et grimpe dans les arbres pour manifester son approbation ou sa désapprobation.

L'être humain applaudit à tout rompre, lance des bravos, orchestre des huées, multiplie les vociférations pour manifester son accord ou son désaccord.

Les parlementaires de l'Assemblée nationale à Québec ont, unanimement, décidé de ne plus applaudir lors de la période de questions et réponse orales. Le leader de l'opposition officielle insiste pour dire qu'il faut s'occuper davantage du fond d'une question plus que de la forme qui permet de présenter une question. Une telle déclaration met à jour le fait qu'auparavant, les questions portaient davantage sur la forme que sur le fond. 

Le rideau est levé, depuis une semaine, sur la nouvelle procédure mise de l'avant par le Parti québécois. Les passions sont mises en sourdine, les quolibets anonymes et non captés par les caméras ne s'expriment plus, les interventions musclées ont disparu. 

Les questions continuent à se poser, mais d'une façon plus subtile, molle et sans conviction. Le gouvernement a beau jeu puisque c'est lui qui a le dernier mot. Le sourire du leader du gouvernement en dit long. Le gouvernement n'a qu'à montrer des tableaux, répéter et multiplier les mêmes réponses, le jeu se déroule maintenant dans une salle où les acteurs et les spectateurs se confondent. Le fond a tué la forme.

Pourquoi ne pas avoir gardé à la fois la forme et le fond bien soutenu et argumenté? Dans les échanges quotidiens entre les êtres humains, on tient compte  à la fois du ton, de la forme et du fond des choses. Cette règle ne pourrait-elle pas s'appliquer aux parlementaires? Il  serait normal qu'ils applaudissent une question bien posée et que le gouvernement (en répondant correctement à la question soulevée) continue d'applaudir ceux qui répondent avec brio à l'interrogation posée.

Ce n'est pas parce que les applaudissements ont cessé à la période de questions que les questions seront nécessairement mieux formulées, mieux documentées, mieux exprimées. Ce n'est pas parce que les applaudissements ont cessé suite aux réponses données par le gouvernement que le citoyen sera mieux informé.

Avec ou sans applaudissements, la politique sera toujours l'art de fausser la vérité ou d'en prendre des bribes. Toute question ne touche qu'un aspect d'un problème. Souvent, pour s'en sortir honorablement, l'interrogé coule sa réponse dans des généralités qui ne correspondent jamais au point précis du questionneur. Tous les gouvernements tombent dans ce travers.

Travailler sur le fond, soit ! Mais comme il est impossible d'aller au fond des choses (les politiciens bernent les gens autour d'une expression qu'ils savent inapplicable), il serait louable d'allier le fond et la forme. Les deux étant bien mariés, on pourrait continuer à s'applaudir mutuellement au Salon bleu. 

En attendant, l'exercice présente un tableau  d'une platitude qui invite à «zapper» pour trouver quelque chose de plus intéressant. 

Le gouvernement ne pouvait qu'applaudir à la nouvelle formule Drainville. Il a toujours le dernier mot et le bon bout du bâton. Sauf qu'il n'a plus à s'en servir pour assommer l'adversaire qui siège en face.

Nestor Turcotte, Matane

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer