À quand un financement adéquat pour l'INO?

Le président du conseil d'administration de l'INO, Jean-Guy... (Le soleil, Pascal Ratthé)

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Le président du conseil d'administration de l'INO, Jean-Guy Paquet, pose dans un laboratoire de fabrication de fibre optique.

Le soleil, Pascal Ratthé

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Le Soleil

(Québec) Malgré les compressions budgétaires qui nous ont été imposées par le gouvernement du Québec, l'INO (Institut national d'optique) a su, au cours de l'année 2014-2015, maintenir ses opérations, notamment en augmentant sensiblement le niveau de ses revenus externes.

En date du 31 mars 2016, le financement de l'INO par les gouvernements du Canada et du Québec prendra fin.

Depuis sa création en 1985, les deux paliers de gouvernement ont toujours financé l'INO, à parts égales, et tous les partis politiques au pouvoir ont considéré l'INO comme une priorité nationale.

C'est dans ce contexte que nous avons soumis aux gouvernements du Québec et au gouvernement fédéral une demande pour le financement de notre programme quinquennal de R-D 2016-2021. Il s'agit d'une demande de 15 millions par année, à chaque palier de gouvernement, pour les 5 prochaines années.

Cette demande a été appuyée par la Ville de Québec et son maire, Régis Labeaume, qui a placé l'INO parmi ses 4 priorités en vue de l'élection fédérale d'octobre.

Grâce à cet appui, une demande adressée au premier ministre Harper pour le financement de l'INO a été bien reçue et le ministre Lebel, responsable du développement économique au Québec, est venu confirmer récemment son engagement à financer l'INO à un niveau de 75 M$ pour les cinq prochaines années. Il faut noter que dans le cadre de l'élection fédérale, les candidats de tous les partis politiques ont visité l'INO, ce qui nous a permis de leur exposer le travail qui s'effectue ici conformément à notre mission.

Il faut ici rappeler que l'INO n'a pas accès aux autres programmes de financement de la recherche et du développement mis en place par les deux gouvernements.

Nous ne pouvons donc bénéficier, par exemple, des subventions de recherche accessibles aux universités, ni de l'appui de la Fondation canadienne de l'innovation, ni des crédits d'impôt accordés aux entreprises, notamment aux PME.

Ainsi, à chaque 3 ou 5 ans, nous devons renégocier nos contrats avec le Québec et le gouvernement fédéral.

De 1985 à 1995, l'INO a été financée par un programme spécial, grâce à une entente entre les deux paliers de gouvernement. Cette entente a pris fin en 1995.

Nous avons donc renégocié en 1995, pour 3 ans, en 1998, pour un autre 3 ans, en 2001, pour 5 ans, en 2006, pour 5 ans et en 2011, pour un autre 5 ans. Et nous négocions actuellement pour une autre entente de 5 ans (2016-2021).

Si vous avez bien noté, vous aurez retenu qu'il y a eu 7 négociations avec chaque palier de gouvernement, c'est-à-dire 14 négociations de contrat en 20 ans. Comme PDG de l'INO de 1995 à 2005 et président du CA de 2005-2015, j'ai été associé à ces 14 négociations. À ceci s'ajoutent les nombreuses rencontres que notre PDG doit faire pour alléger certaines coupes budgétaires qui nous sont imposées.

Au niveau canadien, on a dû négocier successivement avec les ministères suivants :

- Industrie, Commerce, Sciences et Technologie

- Développement économique Canada

- Industrie Canada

Au Québec, les négociations ont eu lieu avec :

- Le ministère de l'Industrie, du Commerce, de la Science et Technologie

- Le ministère de la Recherche, de la Science et Technologie

- Le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation

- Le ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations

En 20 ans, vous pouvez imaginer le nombre de ministres, de sous- ministres, de chefs de cabinet que nous avons rencontrés, pour parvenir à financer notre organisation. J'ai cessé de les additionner !

Mais depuis 20 ans, tous les premiers ministres du Canada et du Québec ont visité l'INO, certains d'entre eux à plus d'une reprise. Tous ont reconnu la contribution de l'INO en termes de retombées économiques et pour l'excellence de ses travaux.

L'INO est le centre de recherche qui a été le plus évalué par les deux paliers de gouvernement depuis 20 ans.

L'INO est aussi le centre de recherche le plus performant au Canada.

À preuve, les distinctions remportées que l'INO s'est méritées.

- Lauréate du Grand Prix Québécois de la qualité en 2014

- Première au Canada pour la commercialisation de haute technologie accordée par l'Association canadienne de technologie avancée

- Reconnue première au Canada pour sa capacité à générer de l'innovation suite à l'évaluation faite parle Saskatchewan Research Council

- Et l'INO recevra le 29 octobre prochain le Prix du Canada pour l'excellence décerné par le Gouverneur général du Canada à l'organisation la mieux gérée au pays. 

Je devine la question que vous vous posez :

«Comment se fait-il que le meilleur centre de recherche au Canada ne bénéficie d'aucun programme pouvant assurer sa pérennité et la continuité de ses activités et doit, à tous les 3 ou 5 ans, redemander aux deux paliers de gouvernement de renouveler leur financement?»

La réponse me paraît évidente : Au Canada et au Québec, on ne met pas suffisamment l'accent sur l'innovation, l'innovation qui est au coeur de la productivité de nos entreprises qui peut assurer leur compétitivité.

On a plutôt misé sur la force du dollar canadien qui leur permettait de se procurer des équipements modernes ou encore sur les divers programmes de crédits d'impôts.

Ces deux initiatives ne peuvent cependant remplacer une vraie politique axée sur l'innovation et sur la création de richesse.

Une politique qui pourrait permettre à des organisations comme l'INO à accomplir pleinement sa mission d'aider les entreprises à être plus compétitives et en créer d'autres par transferts de technologie.

L'INO considère donc qu'un montant de 75 M$ provenant de chacun des gouvernements pour un total de 150 M$ est absolument essentiel pour lui permettre d'accomplir sa mission qui est d'aider les entreprises québécoises et canadiennes à augmenter leur productivité et leur compétitivité en utilisant les technologies qui sont développées à l'INO.

Ce message doit être clairement exprimé et entendu par les deux paliers de gouvernement, tous partis confondus.

Et dans le cadre de l'élection fédérale, il faut que tous les partis s'engagent à appuyer l'INO de façon irrévocable, pour un financement adéquat afin de réaliser son plan quinquennal 2016- 2021.

Il nous restera, par la suite, à travailler tous ensemble pour se donner une véritable politique sur l'innovation, et permettre à une organisation comme l'INO de bénéficier d'un programme pouvant assurer sa pérennité et son développement.

Jean-Guy Paquet, président du conseil d'administration de l'INO

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