Voici pourquoi le logement abordable devrait être un enjeu électoral fédéral

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Art Eggleton est un sénateur canadien et un ancien maire de Toronto.

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Point de vue
Le Soleil

Le moment est venu de faire du logement abordable un enjeu de la campagne électorale fédérale.

Aujourd'hui, au Canada, 4 millions de personnes ont du mal à trouver un logement abordable. Pour définir ce qu'est un logement abordable, je m'en remets à la règle générale de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), pour qui un ménage consacre environ 30 % de son revenu à un logement adéquat et en bon état. En réalité, de nombreux Canadiens paient beaucoup plus que cela pour leur logement, ce qui réduit d'autant leur budget pour se procurer des produits indispensables comme la nourriture et les vêtements.  

Selon Banques alimentaires Canada, le coût du logement est la principale raison qui explique la hausse du recours aux banques alimentaires. Saviez-vous qu'un tiers des personnes qui dépendent des banques alimentaires sont des enfants? Pourtant, en dépit de cette aide, un enfant sur sept se rend chaque matin à l'école le ventre vide, selon le Club des petits déjeuners du Canada. 

Au cours d'une année, 235 000 Canadiens seront réduits à l'itinérance et, selon la SCHL, 1,6 million de Canadiens de plus risquent de perdre leur domicile. Tant de misère, alors que toutes les études montrent qu'il coûte moins cher au Trésor public de loger ces gens plutôt que de les laisser dans la rue, pensionnaires transitoires des refuges, des salles d'urgence et même, parfois, des prisons.

Je crois que nous comprenons tous intuitivement l'importance d'avoir un endroit décent où habiter. Un domicile ancre une personne, ancre une famille. Il constitue une base à partir de laquelle il est possible de progresser vers une plus grande stabilité professionnelle ou de poursuivre ses études. Les experts en santé ajoutent par ailleurs qu'un logement adéquat est un déterminant important de la santé et de l'état de santé à long terme.  

À Toronto, je préside un groupe de travail, créé par le maire, sur la Toronto Community Housing Corporation (TCHC). Cette dernière a une liste d'attente de 90 000 ménages qui cherchent un logement décent et abordable. Ce chiffre dépasse le nombre de personnes que loge actuellement la TCHC, qui est déjà le plus important fournisseur de logements sociaux au Canada et le deuxième en importance sur le continent, tout juste derrière la New York Housing Authority.  

Toronto n'est pas la seule ville aux prises avec ce problème. En effet, selon la Fédération canadienne des municipalités, «[n]otre pays ne suffit pas à la demande de choix de logements, et la crise du logement qui secoue le pays frappe les Canadiens de toutes les régions».

Pour aggraver les choses, les investissements fédéraux actuels dans le logement social sont progressivement éliminés. Ces investissements prennent la forme d'«accords d'exploitation» subventionnés par le fédéral et convenus avec des fournisseurs de logements sociaux et des coopératives qui offrent des logements abordables aux personnes dans le besoin. Cette année, cette élimination progressive se traduit par une réduction de 1,6 milliard de dollars des investissements. Si elles ne sont pas renouvelées, ces subventions disparaîtront complètement, lentement mais sûrement, d'ici 2040. Selon un rapport publié par l'Association canadienne d'habitation et de rénovation urbaine, lorsque ces accords auront pris fin, plus de 300 000 ménages risqueront l'éviction, voire l'itinérance. 

Le logement abordable représente un énorme défi qui, toutefois, peut être surmonté si l'on fait preuve de volonté politique. Alors, pourquoi ne fait-on pas plus d'efforts pour conserver les logements abordables existants ou pour offrir de nouveaux logements abordables? Les différents ordres de gouvernement et les organismes communautaires prennent des mesures, mais elles ne suffisent pas à répondre à la demande. En outre, les différents acteurs ne travaillent pas de manière concertée à la création d'un plan global.  

Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'une «stratégie nationale sur le logement» où tous sont appelés à participer. Le Canada a besoin du leadership du gouvernement fédéral dans le dossier du logement abordable.  

Dans le cadre de la présente campagne électorale fédérale, il faut concentrer les efforts sur les candidats fédéraux afin d'éveiller leur volonté politique. Chaque circonscription fédérale comporte des fournisseurs de logements sociaux et des coopératives. Si les résidents se réunissaient et visitaient chacun des candidats et leur parlaient de la crise du logement et demandaient leur appui, cela contribuerait grandement à mettre cette question à l'avant-scène de la campagne électorale.

Rendons nos candidats politiques fédéraux conscients du fait que le logement abordable n'est pas un dossier que les villes et les localités du Canada doivent régler à elles seules, mais qu'il s'agit plutôt d'un dossier qui requiert le leadership et les investissements du gouvernement fédéral.  

Art Eggleton, sénateur canadien et ancien maire de Toronto et député

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