Peur bleue, récession et spectre orange

«Le Canada a le pire dossier de croissance... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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«Le Canada a le pire dossier de croissance économique depuis la Grande Récession des années 1920. Clairement, M. Harper, votre plan ne fonctionne pas», a martelé le chef néo-démocrate.

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Le Soleil

H.L. Mencken, le Nietzsche américain, soutenait que «l'objectif principal de la politique consiste à rendre la population inquiète en la menaçant de fléaux imaginaires afin qu'elle recherche la sécurité qu'on lui promet». Cette politique de la peur que Mencken annonçait déjà au siècle dernier est le reproche favori adressé aux conservateurs.

Avec C-51 et la condamnation du Niqab, la peur deviendrait, selon Mulcair un outil de gestion pour la campagne bleue (Radio-Canada, 11 mars 2015). «Les gens que je rencontre partout au Canada, soutient le néo-démocrate, veulent remplacer la politique de la peur [...] par une politique d'optimisme» (Charles Gagnon, TVA, 2 août). Mais se pourrait-il que le chef du NPD, sous le masque du jovial Jack, pratique lui-même une politique de la peur?

«Le Canada a le pire dossier de croissance économique depuis la Grande Récession des années 1920. Clairement, M. Harper, votre plan ne fonctionne pas», a martelé le chef néo-démocrate. (HuffingtonPost Québec, 6 août). À l'en croire, la déflation générale, cet Armageddon de l'économie, frapperait à nos portes.

Des analystes du premier débat auraient même vu (ou souhaité voir) le combattant orange terrasser le champion de l'économie en lui arrachant l'aveu que le pays serait en récession.

«C'est gros», écrivait V. Marrisal dans La Presse, 12 août. Harper aurait de plus nommé un nombre record de 59 sénateurs. Quelle avalanche de catastrophes morales et financières a-t-il déclenché sur le Canada par ces diaboliques nominations! Il faut donc, par une opération salvatrice, abolir le Sénat. Rondes constitutionnelles à venir.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le plaideur Tom prend à l'égard des faits une très grande liberté! À l'égard de la supposée récession, d'abord. Est-ce vraiment un exploit que de faire admettre à Harper que nous serions en récession économique et que le plan bleu est un échec? En fait, non. L'économie ne s'est contractée que de 0,8 % au premier trimestre de l'année et de 0,5 % au second trimestre. « Sitôt annoncée mardi, cette récession technique pourrait être terminée» (La Presse 1er septembre). En amalgamant récession technique (purement statistique, sans impact réel sur l'économie et périodiquement suivie d'une révision) et récession généralisée comme celle de la crise de 2008, on veut donc inspirer la peur. Démagogie pure.

En fait, depuis la récession de 2008-2009 et toutes les années subséquentes jusqu'en 2014, le Canada a eu la croissance économique la plus forte des pays du G7 avec 15,6 %, comparativement à 13,5 % pour les États-Unis qui, eux, arrivent deuxièmes (Radio-Canada, L'épreuve des faits, Denis M.Chabot).

Selon Stéphane Marion, stratège à la BN, le Canada, au chapitre de l'emploi, a terminé le deuxième trimestre sur un sommet historique (24/60, R.C., 24 août). En 2014, la revue Forbes considérait le Canada comme le pays où on pouvait le mieux faire des affaires. Pays où le fardeau de la dette est le moins élevé des pays du G7, pays où la classe moyenne figurait en 2014 comme la plus riche des pays du G20 d'après le New York Times qui s'appuie sur le Luxembourg Income Study Database, la richesse canadienne étant mieux partagée qu'aux États-Unis.

Tout récemment, on apprenait de la revue financière du ministère des Finances que Ottawa affiche un surplus de 5 milliards de dollars pour les trois premiers mois de l'exercice financier de 2015-2016, soit d'avril à juin. Si on soustrait les 2,1 milliards de la vente des actions de GM non récurrents, il reste 2, 9 milliards de surplus. Monsieur Mulcair, vous aimez la couleur orange, mais ce n'est pas encore l'Halloween.

Monsieur Mulcair prétend que la dette canadienne a augmenté de 150 milliards dans les dix dernières années, alors qu'elle n'a augmenté que de 138 milliards (R.C., Épreuve des faits), et attribue à Harper un nombre record de nominations de sénateurs (59), alors que Pierre Trudeau en a nommé 81 et Mackenzie King, 103.

Le 19 octobre, serons-nous dupes de ce marchand de «sable», de ce joueur de flûte de Hamelin qui attire à lui dans la noyade tous ceux qui l'ont cru? La réponse est non. Monsieur Mulcair, nous n'avons pas peur.

Romain Gagné

Québec

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