Goldcorp à l'étranger

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Avec deux autres personnes, l'auteure a créé une campagne de sociofinancement pour soutenir les opposants à Goldcorp.

La Presse Canadienne

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Le Soleil

(En réaction à l'article «Inauguration de la mine Éléonore : le développement durable au coeur des préoccupations» d'Yves Therrien, publié le 1er août)

Mon nom est Marie-Christine Dugal. Je suis doctorante en histoire à l'Université de la Saskatchewan, et je travaille sur les mémoires et l'activisme autochtones au Guatemala et en Argentine.

J'ai lu avec attention votre article sur l'inauguration de la mine Éléonore à la Baie James. Si je me réjouis de l'accord négocié entre les Cris et Goldcorp, je pense qu'il serait intéressant de profiter de l'occasion pour parler de ce que Goldcorp fait à l'étranger. En voyage de recherche très récemment au Guatemala, j'ai passé plusieurs semaines à San Miguel Ixtahuacán, où la population majoritairement maya mam de la place est aux prises avec la mine Marlin, exploitée par Montana Exploradora, une filiale de Goldcorp.

D'abord, la population n'a jamais été consultée, et les autorités locales et nationales ont manifestement été corrompues. (On se demande entre autres pourquoi les deux derniers maires de San Miguel sont si riches. San Miguel est une municipalité très majoritairement autochtone, paysanne et pauvre. La richesse des deux derniers maires détonne.) La mine a créé d'importants problèmes environnementaux. Entre autres : la pollution des cours d'eau et des nappes phréatiques (laquelle a entraîné des problèmes de santé graves dans la population, sans compter ses effets sur les différentes cultures maraîchères et l'empoisonnement du bétail) et l'assèchement des sources d'eau naturelle par les besoins gigantesques du processus d'extraction de l'or.

La présence de la mine a aussi créé d'importants conflits sociaux. Ses opposants ont été criminalisés, menacés de mort et agressés physiquement. 

Les conditions de travail à la mine Marlin n'ont rien à voir avec celle de la mine Éléonore. Des lois sur la sécurité et la santé au travail existent au Guatemala, mais il n'est pas difficile de ne pas les respecter. Les salaires (offerts par la même compagnie pour le même travail) sont dérisoires si on les compare à ceux de la mine Éléonore.

Il ne s'agit pas que d'un problème guatémaltèque. Tous les Québécois qui travaillent investissent dans Goldcorp par le truchement de la Régie des rentes, et tous les Canadiens qui travaillent investissent dans Goldcorp à travers le Régime de pension du Canada. De plus, les taxes et les impôts payés au gouvernement fédéral permettent à l'ambassade canadienne ainsi qu'au ministère des Affaires étrangères d'appuyer Goldcorp à l'étranger.

Avec Jim Handy, professeur à l'Université de la Saskatchewan et Grahame Russel, directeur de l'organisme Rights Action, nous avons créé une campagne de sociofinancement pour soutenir les opposants à Goldcorp qui ont créé un comité civique pour tenter de gouverner l'hôtel de ville de San Miguel. Les élections au Guatemala ont lieu le 6 septembre prochain. 

Voici le lien vers notre campagne : https://www.indiegogo.com/projects/resistance-maya-a-la-canadienne-goldcorp/x/11137616#/story

Marie-Christine Dugal, Québec

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