Élections ou concours de popularité?

Le chef du NPD, Thomas Mulcair... (La Presse Canadienne, Darryl Dyck)

Agrandir

Le chef du NPD, Thomas Mulcair

La Presse Canadienne, Darryl Dyck

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Soleil

Les déclarations récentes de Thomas Mulcair au sujet de Margaret Thatcher ont fait couler beaucoup d'encre. Le chef du NPD, qui représente aujourd'hui la gauche sur la scène fédérale, aurait été un partisan des politiques néolibérales dans un passé pas si lointain.

J'avoue que les déclarations de Mulcair sont troublantes, et je crois que les étiquettes d'opportuniste et de vire-capot que certains lui ont accolées sont assez justes. Mais d'un autre côté, je ne peux m'empêcher de penser que ce dernier n'est pas le NPD. Bien sûr, il en est le chef, mais un parti n'est pas le produit d'un seul homme ou d'une seule femme. En théorie, un parti est une organisation reflétant les valeurs des partisans qui la composent et qui militent en son sein.

Je sais que cette vision peut sembler quelque peu idyllique, mais à titre d'exemple, il faut tout de même souligner que Stephen Harper n'a pas mis en place des politiques de droite à l'insu de tous. Il l'a fait ouvertement avec l'appui de ses députés et de son parti.

Je ne tente pas ici de défendre Mulcair et ses déclarations, je me demande simplement si s'attaquer à un seul individu plutôt qu'à l'ensemble de la plateforme du parti ne relève pas d'une certaine forme de démagogie. Si Mulcair est encore un adepte du néo-libéralisme version Thatcher, et qu'il tente de proposer des politiques de cette nature s'il devient premier ministre, je doute fort que les membres de son parti continueront de l'appuyer. Un chef a, certes, une influence sur son parti, mais ce n'est pas un tyran prenant seul les décisions, sans prendre en considération l'ensemble du parti, du moins, dans une certaine mesure.

Ce que j'essaie de montrer avec l'histoire de Mulcair, c'est l'importance démesurée que l'on accorde aux chefs des différents partis dans notre politique. Nos campagnes électorales ressemblent davantage à un concours de popularité entre les différents chefs qu'à un réel débat d'idées. Ces derniers sont à peu près les seuls représentants des différents partis que nous voyons et entendons parler.

Bien sûr, nous pourrions imputer la responsabilité de cela à nos médias, car ce sont eux qui nous présentent toujours les chefs à l'avant-plan, mais je crois que le problème est davantage social et global. Si les partis mettent autant de l'avant leur dirigeant, c'est qu'ils considèrent que ce sont des individus charismatiques, et que cet aspect est crucial pour aller chercher des votes. Par conséquent, les électeurs et les électrices sont également responsables de cette situation. En somme, il est dommage de constater que notre politique semble davantage reposer sur la personnalité de quelques individus, plutôt que sur ce qui compte vraiment, soit les idées.

Thomas Laberge, étudiant à la maîtrise en science politique

Montréal

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer