Agissons pour la jeunesse

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Le premier ministre québécois, Philippe Couillard, est aussi ministre responsable des dossiers jeunesse .

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Le Soleil

Monsieur le premier ministre, la journée internationale de la jeunesse est célébrée dans le monde entier le 12 août tel que décidé par l'Organisation des Nations Unies. Cette journée vise notamment à reconnaître la contribution des jeunes à l'avancement social et à porter une attention particulière pour que chaque jeune trouve sa place dans notre monde.

Cette année, au Québec, cette journée prend une saveur particulière. En effet, comme ministre responsable des dossiers jeunesse de votre gouvernement, vous avez annoncé le dépôt d'une nouvelle politique jeunesse dans les prochains mois, précédée de diverses consultations. Cette politique devant ensuite mener à un plan d'action gouvernemental prévu au début de 2016.

On présume déjà qu'un tel plan d'action sera constitué de mesures et programmes visant à améliorer la situation des jeunes et à soutenir leurs efforts pour prendre leur place dans le Québec d'aujourd'hui et de demain.  Malheureusement, comme à chaque fois, ces mesures et programmes pourraient bien échouer à aider celles et ceux qui en ont le plus besoin, qui sont dans les situations les plus précaires ou qui ont décroché de l'école et... du reste. Pourtant, chez eux, les rêves et le potentiel sont toujours présents. Pourquoi, alors, de telles mesures pensées pour eux n'arrivent pas à les rejoindre ou s'y perdent-ils? Il y manque à chaque fois l'essentiel, rien de compliqué, mais nécessaire pour rejoindre ces jeunes. 

Il y manque tout d'abord le lien. On imagine la jeunesse comme empreinte d'intense socialité. Ce n'est pas le cas pour tous. L'histoire de plusieurs jeunes se décline comme une suite de décrochages: de la famille, des proches, des systèmes d'aide et de soutien, de la communauté. Trop de jeunes vivent dans l'isolement ou n'ont de liens qu'avec d'autres jeunes dans la même condition. Le lien social est le fondement de l'identité et de la capacité d'agir en société. Ceux qui leur offrent de l'aide doivent créer avec eux des liens authentiques et s'engager auprès de ces jeunes dans un processus d'apprivoisement qui implique de croire en eux et de leur faire confiance. C'est aussi l'occasion de leur donner du pouvoir pour définir, avec le soutien approprié, les objectifs à atteindre et les moyens d'y parvenir. Chacun devient alors le créateur de sa propre vie. C'est le principe qui fonde toute démarche d'empowerment.

Il y faut aussi le temps, en termes de durée et de flexibilité. Trop souvent les programmes vers l'emploi ou la formation sont formatés comme si tous les jeunes partaient du même point, avançaient au même rythme et n'avaient que cela à s'occuper. Pour un très grand nombre, vous leur confiez une mission impossible. Trop à régler ou à reconstruire en trop peu de temps. Cela mène à un échec de plus qui fragilise ce qui leur reste d'estime de soi.  Nous savons pourtant qu'ils ont en eux la volonté et l'énergie nécessaires pour mener à bien leur projet si on sait s'adapter à leur rythme et leurs capacités.

Enfin, il faut les ressources de base : un toit, de quoi se nourrir, se vêtir, se déplacer... Comment, en effet, envisager reconstruire sa vie quand l'esprit et le corps sont consacrés à survivre jusqu'au lendemain? Certains croient à tort que la pauvreté est un aiguillon qui pousse à s'en sortir, il n'en est rien. C'est plutôt l'éteignoir des rêves et de la motivation. Combien d'occasions ratées à cause d'un titre de transport trop cher ou d'un estomac vide? Toute stratégie ou mesure qui vise à assurer à tous les jeunes une place dans la vie active doit d'abord assurer des moyens de subsistance permettant d'avancer en vue de cet objectif.

Monsieur le premier ministre, la politique et le plan d'action jeunesse que vous déposerez dans les prochains mois seront des occasions privilégiées pour que chaque jeune trouve sa place. Considérant les défis démographiques et autres, le Québec n'a pas les moyens de se passer de la contribution de chacun. Il ne peut plus remettre à plus tard, à d'autres générations, le soin de relever ces défis. On doit s'assurer que tous les jeunes apportent leur contribution à la hauteur de leur créativité et de leur talent. Quant à nous, nous serons présents aux diverses consultations qui sont annoncées. Comme Auberges du coeur, nous partageons depuis plus de trois décennies le quotidien de ces jeunes et nous avons la responsabilité de témoigner tant de leurs difficultés que de leurs accomplissements. Nous nous considérons engagés et partenaires de tous ceux et celles qui portent cet objectif. En tant que ministre de la jeunesse, nous sommes convaincus que vous visez les mêmes objectifs.

Rémi Fraser, coordonnateur

Johanne Cooper, présidente

Regroupement des Auberges du coeur du Québec, Montréal

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