Créer un ministère des Affaires inutiles?

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Actuellement, dès que l'on détecte ou que l'on craint de déceler un manquement quelque part, on ajoute une couche de procédures de contrôle de Gaspé à Rouyn-Noranda en passant par Québec et Montréal, déclare ironiquement l'auteur.

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Le Soleil

À la fin des années 80, le gouvernement du Québec, toujours un peu plus assoiffé d'argent, avait décidé que les sommes déduites à la source par les employeurs devaient dorénavant être remises chaque semaine plutôt que chaque mois.

Jusque là, ça peut se défendre. La directive précisait toutefois que même les semaines où il n'y avait pas de paie versée - dans la majorité des organisations, le personnel est payé aux deux semaines - il fallait remplir un formulaire indiquant qu'il n'y avait pas eu de retenues à la source cette semaine-là et l'expédier au ministère des Finances. Cette obligation était tellement ridicule qu'elle a fini par être retirée. Mais le simple fait qu'une telle directive ait été rédigée et mise en vigueur démontre jusqu'à quel point la dérive bureaucratique peut aller!

Plus récemment, la présidente de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, dénonçait le fait que, pour une subvention de 10 000 $, le gouvernement exige une reddition de comptes qui en coûte 3000 $. Et ce, sans compter les coûts occasionnés par le fonctionnaire qui analysera ces papiers. 

Les commissions scolaires auxquelles le gouvernement reproche de trop dépenser pour le volet administratif ont également dénoncé le fait qu'elles doivent assigner une partie de leurs effectifs pour achever des rapports exigés par le ministère de l'Éducation.  Ainsi, il n'y a pas si longtemps, ce dernier demandait un rapport financier par année. Maintenant, il en exige quatre. La rumeur veut qu'il en impose  bientôt 12... Notre fille, restauratrice, doit obtenir de la RACJ quatre permis pour vendre de la boisson, soit un pour la salle à manger, un pour le bar, un pour la terrasse et un quatrième pour une salle de réception au sous-sol... Sans commentaires!

Manifestement, dans tout le débat sur l'austérité, le gouvernement n'a pas fait ses devoirs, n'a pas procédé à un examen approfondi de toutes ses procédures. L'idée de créer un ministère des Affaires inutiles tient évidemment de la boutade. Cependant devant l'incapacité des ministères de s'autodiscipliner, un organisme indépendant devrait avoir le mandat d'examiner la pertinence  des exigences de ceux-ci et d'imposer des changements.

Dans un contexte de compressions, la logique voudrait que l'on recherche d'abord des façons de faire plus simples, plus efficientes, moins coûteuses et qu'ensuite l'on procède au besoin à des ajustements d'effectifs. Actuellement, le gouvernement se contente de presser le citron, en disant que l'on ne doit pas toucher les services à la clientèle, ce qui est de la pensée magique ou électoraliste... 

Les tenants des contrôles rigides argueront que la commission Charbonneau a démontré qu'il y avait beaucoup de corruption. Faut-il rappeler que hormis quelques villes, dont Montréal et Laval, la corruption était loin d'être généralisée. Les grands réseaux en éducation et en santé, sauf le CUSM qui est un cas particulier, n'ont nullement été pointés du doigt. Ce sont des réseaux que l'on peut qualifier globalement de responsables et d'intègres.

Au lieu d'imposer des pensums à toutes les organisations publiques et privées, le gouvernement pourrait procéder par échantillonnage, c'est-à-dire vérifier de façon aléatoire ou ciblée un certain nombre de dossiers, un peu comme  le fait le ministère du Revenu avec les déclarations d'impôt et  imposer des pénalités aux  contrevenants. Actuellement, dès que l'on détecte ou que l'on craint de déceler un manquement quelque part, on ajoute une couche de procédures de contrôle de Gaspé à Rouyn-Noranda en passant par Québec et Montréal...

De façon plus large, la tendance au gouvernement est de centraliser de plus en plus. Le meilleur exemple ou plutôt le pire, est en santé: 33 pdg nommés par le ministre Barrette et se rapportant directement à celui-ci plutôt qu'à un conseil d'administration, géreront des milliers d'établissements.

Pas fini la bureaucratie à outrance et les affaires inutiles!

Guy Gagné, cadre retraité du secteur de l'éducation, Mont-Saint-Hilaire

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