Échec à Abdelaziz Bouteflika?

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Le président algérien Abdelaziz Bouteflika

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Le Soleil

La fuite en avant du gouvernement d'Abdelaziz Bouteflika mis en échec par une économie chancelante et dénoncé par l'occident pour ses multiples violations des droits de l'homme est alarmante.

Le truc qu'utilisent actuellement les dirigeants en Algérie pour se sortir du pétrin où la corruption et leur incompétence les ont placés est vieux comme le monde. Il suffit de se trouver des ennemis à accuser de tout ce qui ronge le pays et le tour est joué. C'est une méthode de survie qui sert depuis des siècles à des régimes autoritaires pour se maintenir au pouvoir.

La formule a tellement été utilisée à toutes les sauces qu'un film humoristique, Des hommes d'influence a même été fait à ce sujet en 1997. Les amis d'Abdelaziz Bouteflika doivent l'avoir vu, car le supposé attentat spectaculaire contre Bouteflika qui aurait été déjoué pourrait facilement faire partie du scénario de ce film. La main mise de l'état sur les puissants services de sécurité et de renseignements du pays est solide. L'accusation du premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, contre le faible Maroc comme source des violences en Algérie est ridicule.

Il est de plus en plus apparent aux yeux des dirigeants de pays, et même de ceux qui sont amis du régime, que le président Abdelaziz Bouteflika dirige l'Algérie d'une façon autocratique. Rendue publique le 25 juin, l'édition 2014 du rapport du département d'État américain sur les droits de l'Homme montre que l'État algérien recourt trop fréquemment à la détention provisoire et aux restrictions à la liberté d'association. Il dénonce aussi le manque d'indépendance et d'impartialité de la justice.

 La résurgence de vieux conflits identitaires mis en évidence par les affrontements intercommunautaires entre mozabites et islamistes à Ghardaïa dans le Mzab est si pratique pour le système qu'il est facile de deviner qu'elle a été savamment orchestrée par les plus hautes autorités du pays. Selon l'article 24 de la constitution algérienne, l'État est responsable de la sécurité des personnes et des biens. L'indifférence et l'arbitraire que les mozabites reprochent au gouvernement algérien et qui ont causé 25 morts de source officielle sont un acte de soutien aux islamistes pendant qu'il opère un génocide dans le Mzab.

En fait, les assassins qui attaquent les mozabites sont du même groupe que ceux qui ont le sang de 200 000 morts sur les mains et qui ont bénéficié de la politique d'amnistie mise en place depuis 1999. Ce sont des islamistes radicaux. L'épuration ethnique des mozabites qui ont bâti le Mzab est savamment orchestrée pour permettre à l'État de prendre leurs cités et leur patrimoine millénaire. L'enjeu est le contrôle du territoire qui regorge d'énormes richesses.

Il se passe actuellement avec les mozabites ce qui s'était passé avec les Kabyles pendant le printemps noir de 2002. L'arrestation de Kameleddine Fekhar qui organisait la population pour résister aux attaques violentes des extrémistes musulmans lie cependant le gouvernement aux exactions et amène à l'internationalisation de la question mozabite. Elle montre la nature violente et liberticide de l'État algérien qui veut museler les défenseurs des droits de l'Homme.

En agissant aussi violemment le clan Bouteflika pousse l'Algérie à faillir à ses engagements internationaux. La Résolution du 30 avril du Parlement européen sur l'incarcération des militants des droits de l'homme et des travailleurs en Algérie était claire. L'Algérie est liée par l'article 2 de l'accord d'association. Le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux de l'homme est obligatoire pour toute nation contractant avec l'Europe. Le Parlement européen devrait donc agir et demander la libération des militants qui tentent de faire respecter ces droits et exiger la cessation des violences. Tout pays contractant avec l'Algérie devrait aussi faire valoir ses craintes face à cette violation répétée des droits de l'homme par le gouvernement algérien.

Le régime algérien s'adonne actuellement à une orgie de violence pour faire payer à sa population la plus vulnérable le prix de l'incurie de ses dirigeants. Le piège sera-t-il dévoilé? L'Algérie se dirige-t-elle vers une autre hécatombe de sa population?

Michel Gourd, L'Ascension-de-Patapédia

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