Stéphane Dion et la ruine du libéralisme

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Stéphane Dion

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Le Soleil

Nos progressistes canadiens et québécois ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Divorcés des intérêts des travailleurs et des démunis. Indifférents à la justice sociale dans un village global et soumis aux grandes corporations multimilliardaires. La récente sortie de Stéphane Dion en faveur du développement des hydrocarbures non conventionnels en est une éloquente démonstration.

Observateurs de la faillite grecque, nous pouvons admirer une banqueroute encore plus insidieuse chez nous, celle de notre élite politique traditionnellement progressiste, et ça inclut nos leaders syndicaux.

Le traité de libre-échange, porté par de soi-disant progressistes, nous afflige aujourd'hui d'un fulgurant retour des inégalités sociales. C'était en 1989, puis en 1996, où on voit apparaitre la première convention collective comportant des clauses de disparités de traitements. Pour les travailleurs et travailleuses, cela signifie, ni plus ni moins et à moyen terme, la fin de la classe moyenne. L'affaire façonne une cité comportant un profond clivage générationnel économique. En acceptant pareil compromis, nos leaders syndicaux reniaient le fondement même de ce qui les a vu naitre. L'héritage de la Révolution tranquille, le grand consensus social - à travail égal, salaire égal -, sacrifié sur l'hôtel de la compétitivité et de l'économie. Une immense richesse fut créée sur le dos des classes laborieuses et elles n'en ont, bien sûr, aucunement bénéficié. Ces milliards de dollars reposent en paix aujourd'hui, bien à l'abri du trésor public, dans les paradis fiscaux. Nous pouvons remercier en cela l'ensemble de notre classe politique, tous partis confondus, qui a dérèglementé nos lois fiscales en favorisant la sortie des capitaux du pays, élevant le Canada comme acteur central dans la création des paradis fiscaux à l'international. Tout comme la troïka européenne, nos gouvernants sont des champions de l'idéologie néolibérale. Aujourd'hui, même Burger King, le géant de la boulette sans hormone, possède son siège social au Canada.

Notre soif de consensus social est à son paroxysme. Pour preuve, l'immense succès de GND dans le groupement citoyen Coule pas chez nous. C'est le revers de la médaille du cynisme populaire à l'endroit de nos élites politiques et syndicales. Les personnes honnêtes sont capables de grandes solidarités. Comme le souligne le premier ministre grec, Alexis Tsipras, les gens ont un réel pouvoir, s'ils en font le choix! En ces temps d'élection fédérale, nous devons en prendre bonne note. Militantes et militants environnementaux et écologistes doivent s'élever au-dessus de la mêlée, de «l'astinage» stérile, des descriptions de politiciens appuyées par des qualificatifs grossiers.

La faillite de nos syndicats ainsi que de la classe libérale (progressiste) transforme l'échiquier politique. Le clivage générationnel entre une poignée seulement de néolibéraux présents à l'intérieur de tout parti politique versus une large base militante encore trop naïve pour refuser la division portée par la vielle clique. S'éveille alors tranquillement et porte inexorablement le débat là où il doit être: sur le terrain des promoteurs et à un moratoire sur l'ensemble de la filière canadienne des hydrocarbures non conventionnels. En sont exemptées les industries pétrochimiques, comme l'affirme l'esprit d'un développement durable. Après deux référendums perdants, l'histoire se répète. À l'instar de l'élection de 1957 qui voit le libéral Louis St-Laurent battu par les conservateurs de Diefenbaker, capitalisant sur les accointances libérales et pétrolières autour d'un certain Trans Canada Pipeline. Que d'ironie! Les Québécois et Québécoises savent que l'opposition à l'oléoduc de TransCanada est synonyme de progrès social. Il nous faut unir tous les progressistes canadiens dans cet effort. Alors seulement, nous trouverons notre chemin vers un plébiscite gagnant sur la souveraineté, c'est le prix de notre siège au banc des nations.

Louis Fréchette

Stop Oléoduc Témiscouata

Lejeune

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