L'affaire Julie Snyder-PKP

Pierre Karl Péladeau et sa conjointe Julie Snyder.... (Photo Robert Skinner, La Presse)

Agrandir

Pierre Karl Péladeau et sa conjointe Julie Snyder.

Photo Robert Skinner, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Soleil

Quand un gouvernement modifie une loi pour viser quelqu'un en particulier, cela rappelle Louis XIV et ses lettres de cachet.

C'est un exercice arbitraire du pouvoir. C'est de l'abus de pouvoir. Si PKP se fâche et accuse les Libéraux de mesquinerie, on se demandera s'il ne tombe pas dans un piège comme s'il n'y avait pas matière à indignation.  

Bernard Landry, en 2003, avait proposé que le gouvernement réserve les crédits d'impôt aux producteurs indépendants, sans liens avec les diffuseurs. De quels liens s'agit-il, là est toute la question. PKP et Julie Snyder sont actuellement conjoints de fait et ils seront bientôt mariés. Cela crée un lien. Mais s'agit-il d'un lien de dépendance? Julie Snyder est la propriétaire de Productions J et PKP est le propriétaire de TVA qui diffuse les Productions J. Il s'agit d'un lien d'affaires entre une productrice et un diffuseur. Qui dépend de qui? C'est TVA qui dépend de Productions J puisque c'est le diffuseur qui profite des cotes d'écoute mirobolantes de la Voix ou de Star Académie. En visant les Productions J, c'est TVA qu'on vise et son propriétaire PKP. Le fait-on pour favoriser les petits amis de Radio-Canada?

De plus, Productions J n'est pas liée financièrement à TVA. Chaque entreprise est indépendante de l'autre: ce sont deux personnes différentes qui contrôlent les deux sociétés.

Alors que Productions J soit privé des crédits d'impôt alloués aux producteurs indépendants est une injustice et un contresens. Bernard Landry est venu expliquer à 24/60 que ces crédits d'impôt ont pour but le développement des productions cinématographiques et télévisuelles. Et que l'intention du législateur était d'en exclure les diffuseurs. En quoi le fait d'enlever les crédits d'impôts à productions J sert-il l'intérêt commun et favorise-t-il la vie économique, ce qui est sensé être la marque de fabrique du Parti libéral?

Or que fait le Parti libéral au pouvoir? Par le moyen d'arguties fiscales douteuses (voir l'article de La Presse du 4 juillet où des «experts» expliquent la loi de l'impôt et le concept de «lien de dépendance»), il met les bâtons dans les roues d'une entreprise dynamique et empêche Productions J de continuer à produire des émissions de divertissement de qualité. Pourquoi le fait-il? Parce que Julie Snyder est la conjointe du chef de l'opposition. Est-ce que c'est ça le parti de l'économie?

Et ce qui est le plus choquant, c'est que Philippe Couillard et Carlos Leitao se cachent derrière l'équité pour justifier leur mesure discriminatoire, mesquine et politiquement motivée. L'association québécoise de la production médiatique (AQPM) s'est bien défendue d'avoir fait cette demande au nom de ses membres. Alors l'équité au nom du milieu dont se réclament les Libéraux voudrait dire que des producteurs jaloux et envieux ont demandé qu'on coupe les jambes à Julie Snyder parce que ses productions sont si populaires qu'elles leur portent ombrage

Un gouvernement qui base ses politiques sur la médiocrité, l'envie et la jalousie est-il digne d'exercer le pouvoir et le fait-il dans l'intérêt commun? C'est une autre preuve que c'est une imposture de dire que le Parti libéral du Québec est le parti de l'économie.  

Les changements apportés par Carlos Leitao dans son dernier budget  visent explicitement les productions J de Julie Snyder. Les fiscalistes qui nous expliquent longuement la notion de liens de dépendance, ce n'est que de la poudre aux yeux pour semer le doute dans l'esprit de l'honnête citoyen qui se rend bien compte de l'objectif qui est visé par le gouvernement libéral Couillard-Leitao: ne pas permettre à productions J de bénéficier des crédits d'impôts qui sont accordés à tous les autres producteurs indépendants. Or, comme l'ont dit Roger Frappier et Pierre Lampron, Julie Snyder est une productrice indépendante. (Voir Le Devoir, 4 juillet 2015: «Julie Snyder, productrice indépendante, un cas flagrant de discrimination», Pierre Lampron).

Avec l'affaire Julie Snyder, on est toujours dans ce monde malsain que la commission Charest-Charbonneau n'a pas voulu débusquer même si le rapport Duchesneau avait mis la table pour montrer une collusion qui a augmenté le coût des travaux des infrastructures de 30% soit plusieurs milliards de dollars. Il fallait trouver des coupables précis et la Commission Charest-Charbonneau ne l'a pas fait. L'affaire Julie Snyder montre la violence qui est faite à Productions J et plonge le Québec tout entier dans un monde de corruption, d'hypocrisie et de mensonge. Essayer de faire passer de l'inéquité pour de l'équité comme le font Philippe Couillard, Carlos Leitao et Hélène David, c'est grave et c'est inacceptable. C'est la pire corruption, celle de l'esprit.

Robert Barberis-Gervais, Ph.D.

Vieux-Longueuil

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer