Le droit de vivre en français

La marche soulignant les 30 ans de la... (Photo David Boily, La Presse)

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La marche soulignant les 30 ans de la loi 101, tenue à Montréal en 2007.

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Le Soleil

Le statut du français comme langue commune et officielle est fondamental pour inclure tous les citoyens et pour assurer l'avenir du français au Québec. C'est le fondement de la Charte de la langue française. René Lévesque affirmait qu'à sa manière, « chaque affiche bilingue dit à l'immigrant: il y a deux langues ici, le français et l'anglais ; on choisit celle qu'on veut. Elle dit à l'anglophone : pas besoin d'apprendre le français, tout est traduit. »

La loi 101 n'a pas été conçue contre le bilinguisme individuel, mais contre le bilinguisme institutionnel, qui entraîne inévitablement l'assimilation des langues minoritaires. Elle devait faire du français non pas la langue des seuls francophones, mais la langue commune qui rassemble tous les Québécois. Il faut connaître et utiliser une même langue pour se comprendre et pour former une société unie et solidaire. Des lois linguistiques existent partout au monde, dans plus de 190 États et 110 pays. Dans la plupart des États, sur un territoire donné, l'éducation publique et les services gouvernementaux se donnent dans la langue officielle et commune.

Il est donc totalement inacceptable que la mairesse d'une grande agglomération francophone au Québec reçoive des menaces de mort et subisse de l'intimidation parce qu'elle réaffirme simplement que le français est la langue officielle et commune. Pourquoi en sommes-nous rendus là?

Il est facile de blâmer les groupes de pression anglophones et les interventions continues du gouvernement d'Ottawa pour angliciser les institutions publiques. La loi 101 a été férocement combattue dès son adoption. La constitution canadienne de 1982, promulguée sans l'accord du Québec, a ouvert la voie à l'invalidation de plusieurs de ses articles. Il est vrai que la diabolisation et l'intimidation sont fréquemment diffusées en toute impunité dans les médias de masse comme dans les médias sociaux par les adversaires de la loi 101. Toute la politique linguistique fédérale, fondée sur le bilinguisme institutionnel, va à l'encontre de la Charte de la langue française.

Mais il est aussi vrai qu'après 40 ans, le statut du français comme langue publique commune n'est toujours pas accepté dans l'ensemble de la société québécoise. Volontairement ou par insouciance, le gouvernement du Parti libéral du Québec occulte la distinction entre le bilinguisme institutionnel et le bilinguisme individuel. Sa complicité avec les tactiques de dénigrement de la loi 101 est palpable. En réaction aux menaces reçues par la mairesse de Longueuil, le ministre responsable de la région de Montréal, Robert Poëti a réagi avec une désinvolture pour le moins choquante : « Moi si a l'a une problématique, va falloir qu'a la règle là! C'est pas de mon ressort à moi... » (Bulletin régional CBF, 25 juin 2015, 14 h).

Aucun député des partis canadiens n'a dénoncé l'intimidation et les menaces de mort faites à Caroline St-Hilaire. Aucun des députés fédéraux de l'agglomération de Longueuil, qui sont tous du NPD, n'a daigné réagir. Le NPD, les libéraux, les conservateurs placent les intérêts du Canada avant ceux du Québec. Quand il s'agit de défendre les valeurs communes qui nous définissent comme peuple, aucun député du Bloc canadien n'est vraiment là. Et en fait, c'est normal, ce sont des partis canadiens; les nations ont toujours la politique de leurs intérêts.

Nous sommes les artisans de notre propre malheur. Il semble que nous soyons tellement habitués à baisser la tête et à détourner les yeux que nous avons tendance à laisser passer les accusations de xénophobie sinon de racisme, alors que nous voulons simplement exister et vivre normalement en tant que peuple, en tant que nation; assumer notre droit fondamental à l'autodétermination; assurer l'avenir de notre langue et de notre culture.

Il serait temps que le Québec, lui aussi, ait la politique de ses intérêts. C'est aux Québécoises et aux Québécois de ne plus tolérer l'intimidation et le dénigrement de notre droit de vivre en français.

Donnons-nous les moyens de quitter notre état de survivance, cessons de vivoter. Donnons-nous un pays à nous. Un Québec français et libre.

Mario Beaulieu

président du Bloc québécois

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