S'opposer au progrès... aveugle

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Le projet Énergie Est

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Le Soleil

«Il ne faut pas être aveuglément contre le progrès, mais être contre le progrès aveugle». Ô combien cette maxime s'applique aujourd'hui à l'heure des grands dossiers des oléoducs 9B Endbridge, Northern Gateway, Keystone et Énergie Est que les grandes pétrolières veulent construire! Ou encore, des fameux projets de parcs de récréation parrainés par Loto-Québec et le Cirque du Soleil, dans l'Ouest montréalais, mais rejeté par la non acceptabilité sociale.

De même pour celui, contesté, de parc funéraire sur l'Île Sainte-Hélène patronné par le très célèbre Guy Laliberté, fondateur et actionnaire principal du même Cirque du Soleil. Le monde des affaires est révolté de la contestation et de l'abandon de ces projets prometteurs de milliards d'emplois (tant qu'à y être!) et d'autant de milliards de dollars en investissement, en retombées économiques et en développement qui auraient mis le Québec et Montréal sur la «mappe». Sans compter tous les autres projets ayant reçu l'imprimatur des chambres de commerces, Conseil du patronat du Québec, Fédération québécoise des entreprises indépendantes, fumeux Institut économique de Montréal, etc...

C'est en relisant l'actualité récente au sujet de ces fameux oléoducs que m'est revenue à l'esprit la maxime sur le progrès aveugle dont le rapport du Club de Rome (Rapport Meadows) était l'auteur. J'ai découvert cette maxime en 1973 alors que je venais d'entrer en fonction en tant que directeur de cabinet du whip-en-chef de l'Opposition officielle, constituée par le Parti québécois, le regretté Marcel Léger. Peu connu à l'époque et malgré son travail acharné, on le confondait parmi les 102 députés libéraux, sur les 110 que comptait alors l'Assemblée nationale.

Malgré qu'il n'y avait que six députés péquistes à constituer l'opposition, avec les deux députés créditistes, Camil Samson et Fabien Roy, Marcel Léger n'avait pas réussi à se distinguer comme critique de l'opposition en matière d'Affaires municipales. En m'engageant, il m'avait confié le mandat de le «mettre en marché» auprès des médias.

À l'époque député de Lafontaine, sa circonscription comprenait, outre les secteurs Rivière-des-Prairies et Ville d'Anjou, Montréal-Est et Pointe-aux-Trembles. Ces deux dernières abritaient des raffineries et des cimenteries. Demeurant dans l'Est montréalais, je devais me rendre au bureau de circonscription à Pointe-aux-Trembles en auto. Je me rappelle que lorsque que je prenais la rue Notre-Dame Est, avant de traverser Montréal-Est et le début de Pointe-aux-Trembles, je remplissais mes poumons d'une grande bouffée d'air et pesait sur l'accélérateur pour m'éviter de sentir l'odeur pestilentielle d'oeufs pourris qui était dans l'air, puis j'activais mon lave-vitre pour essuyer la poussière des cimenteries qui collait sur mon pare-brise. Ben sûr, je passais régulièrement mon automobile dans un lave-auto pour la nettoyer de cette cochonnerie qui y adhérait férocement.

C'est ainsi que j'ai découvert le dossier qui permettrait au député Léger de se distinguer en se faisant le premier politicien à être un député vert... en 1973! Il fut qualifié de tous les noms, dont celui, célèbre, « d'oiseaulogue ». À l'époque où Jacques Parizeau, dénonçant le développement des projets hydroélectriques de la Baie de James, se faisait le promoteur de l'énergie nucléaire. Ce à quoi j'avais suggéré à M. léger de s'opposer fermement. On le prenait notamment pour un illuminé, un anti-développement économique, un anti-créateur d'emploi et ainsi de suite. Sauf que la saprée maxime du Club de Rome contre le progrès aveugle devenait un mur difficile à franchir, impossible à démolir, car il y avait déjà une littérature et une documentation existante sur le développement durable et... économiquement rentable! Ce dont j'avais fait amplement réserve. Déjà, en 1973!

Je pense qu'on doit continuer de remettre en pratique cette maxime contre le développement aveugle à l'ordre du jour, telle que défendue par les groupes communautaires et environnementalistes. Renvoyons le monde des affaires à ses devoirs de calcul élémentaire. Les désastres de la pollution et des effets destructeurs des gaz à effet de serre coûtent une beurrée en termes de santé des populations, de raréfaction des récoltes agricoles, de sécheresse, en un mot, de destruction de l'environnement écologique de cette petite planète sur laquelle nous vivons, au point où nous en sommes à plutôt dire où nous survivons... encore, mais pour combien de temps? Quel bel héritage à laisser à nos descendants immédiats et aux leurs!

Alors, collectivement, continuons donc de nous opposer au progrès aveugle de ces affamés de profits et optons pour des projets économiquement rentables et durables!

Quelques petites citations à propos de ces vampires financiers:

L'argent n'a pas de patrie; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de décence; leur unique objectif est le gain. - Napoléon Bonaparte

Donnez-moi le contrôle de la monnaie et je me passerai de ceux qui font les lois. - Mayer Amschel Rothschild

Les économistes sont peut-être des borgnes ayant une très mauvaise vision, mais rappelons-nous qu'au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. - Robert D. Anderson, Nancy T. Gallin

Suffit de ne pas s'opposer aveuglément au progrès, mais à celui du progrès aveugle. Bonne prospérité à tout le monde sur la planète!

Dominique Boivin, ex-directeur de cabinet du whip-en-chef du Parti québécois (1973-1975

Québec

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