Es-tu un vrai homme?

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Adam Garone, PDG et cofondateur de Movember

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Le Soleil

On présente actuellement une définition étroite et restreinte de « e qu'est un vrai homme», et la société renforce cette définition auprès des hommes et des garçons. Cette situation a des répercussions directes et néfastes sur la santé mentale et le risque de suicide chez les hommes.

La Semaine de la santé des hommes donne une occasion de réfléchir à diverses questions liées aux hommes et à leur santé. J'aimerais en profiter pour parler d'une question importante qui a un effet profond sur la santé mentale et physique des hommes et dont on parle peu, soit la masculinité.

Nous savons que les hommes ont tendance à se comparer à un idéal masculin qui valorise la puissance, la force, la maîtrise et l'invincibilité. Cet idéal trouve écho dans de nombreux aspects de la vie d'un homme : dès un jeune âge, on lui dit «d'agir en homme et de ne pas pleurer» au terrain de jeu, on lui présente des durs à cuire comme héros dans les émissions de télé et les films, sans oublier les fois où des amis se font dire à la blague «de s'endurcir un peu». La société enseigne à nos garçons, tout au long de leur vie, qu'ils doivent faire les durs, montrer qu'ils sont forts et en fait, invincibles.

Malheureusement, la notion populaire de ce qu'est un homme de nos jours peut avoir des effets dévastateurs sur la santé mentale et le bien-être d'un homme. En tant que société, nous nous sommes accrochés à une image malsaine d'un «vrai homme», enracinée dans des perceptions désuètes créées des années 1940 aux années 1970.

Le monde a beaucoup changé, et notre définition de ce qu'est un homme doit changer aussi. Le problème lié à notre définition de la masculinité n'est pas un problème réservé aux hommes : il concerne autant les femmes que les hommes. Pour le résoudre véritablement, tout le monde doit mettre la main à la pâte.

Quand les hommes croient qu'ils ne répondent pas aux normes que la société leur fixe, ils peuvent éprouver des sentiments de honte et d'échec. Nous savons qu'ils sont souvent plus réticents que les femmes à parler de leurs sentiments et moins enclins à reconnaître les effets que des événements marquants de la vie peuvent avoir sur leur santé mentale, par exemple une rupture amoureuse, la perte d'un emploi, des difficultés financières ou la paternité.

L'idéal masculin, soit que les hommes doivent être en contrôle, est l'une des raisons qui expliquent cette situation. Les hommes peuvent avoir de la difficulté à accepter l'expérience même de la détresse ou d'un problème de santé mentale parce que, selon nos préceptes sociétaux, ils ne doivent pas se montrer ainsi vulnérables. Pour cette raison, les hommes sont trop nombreux à souffrir en silence de maladie mentale, incapables de demander de l'aide par crainte de moins se sentir hommes. Dans ces situations, le suicide peut devenir une option valable, voire rationnelle pour les hommes qui doivent affronter seuls les problèmes et tenter de maîtriser une situation qui leur échappe. C'est là que le suicide peut devenir le moyen ultime d'être en contrôle.

Nous vivons une crise dont personne ne parle. Le suicide est un tueur implacable d'hommes de 20 à 50 ans; dans certains pays, il tue même plus que les accidents de la route, le cancer et les insuffisances coronaires. Plus de soldats ont perdu la vie par suicide qu'au combat en Iraq et en Afghanistan. Un homme commet un suicide toutes les minutes dans le monde.

Devant ces statistiques, il est facile de comprendre l'importance réelle d'amorcer la conversation sur une redéfinition de la masculinité. Le plus difficile, c'est d'inciter la société à amorcer des conversations constructives et d'amener les gens à examiner de plus près les croyances profondément ancrées au fond d'eux. Comme bien des choses dans la vie, il peut falloir y être confronté pour se rendre compte que l'on contribue peut-être, même par inadvertance, au problème en s'accrochant à un point de vue dépassé de la masculinité.

Nous avons à redéfinir le sens à donner à l'homme moderne. Nous devons bâtir une société dans laquelle les hommes et les garçons n'ont pas le sentiment d'avoir échoué parce qu'ils n'ont pas atteint le vieil idéal masculin. Cela veut dire encourager l'intelligence émotionnelle chez les générations futures. Cela veut dire qu'en tant qu'hommes, nous devons consacrer du temps à bâtir des réseaux de soutien solides avec notre entourage et quand des moments difficiles surviendront et nous mettront à l'épreuve, nous en parlerons au lieu de tout garder à l'intérieur.

Cela ne sera pas facile et il faudra du temps. Tous, nous devrons remettre en question notre façon de penser, notre façon d'agir et d'enseigner la masculinité aux garçons et en changer. Les avantages qui découleront de ce changement d'attitude modifieront toutefois nos vies en profondeur et amèneront les hommes sensibilisés à leurs émotions à agir pour protéger leur santé physique et leur santé mentale. Ces résultats positifs influenceront à leur tour les vies de nos filles, de nos soeurs, de nos amies de coeur, de nos épouses et de nos mères.

Dans le cadre de notre nouvelle stratégie de santé masculine, je suis fier de dire que nous nous sommes engagés à lutter contre les aspects négatifs de la masculinité et leurs répercussions possibles sur la santé mentale et le suicide.

Amorçons la conversation. Que pensez-vous de la masculinité et de son influence?

Adam Garone, PDG et cofondateur de Movember

Culver City, CA

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