La Sureté du Québec en vacances

C'est très facile de fermer une route, la... (Photothèque La Voix de L'Est)

Agrandir

C'est très facile de fermer une route, la partie plus difficile est de le faire avec le moins d'inconvénients possibles et d'aiguiller correctement les gens qui sont victimes de l'entrave, note l'auteur.

Photothèque La Voix de L'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Soleil

La fin de semaine dernière s'annonçait très belle, j'avais donc décidé de faire visiter un coin de pays à un couple d'amis maintenant expatriés: le Bas-Saint-Laurent. Au programme: location de deux voitures décapotables pour 24h, départ de Québec pour La Pocatière, Rivière-du-Loup, puis Témiscouata. Au total, une tournée de 650 km à travers nos merveilleux comtés québécois.

Malheureusement pour nous, le Défi Pierre Lavoie se déroulait au même moment et comportait la Boucle de Montmagny. La boucle est un parcours de 135 km fermé à la circulation. La moitié du parcours longe le Saint-Laurent par la route 132, l'autre moitié pénètre à l'intérieur des terres. Une entrave importante dans le réseau routier de la Rive-Sud. Qu'à cela ne tienne, il nous serait possible de prendre l'autoroute 20 Est puis rejoindre la 132 à l'extrémité Est de la boucle. Me fiant à mon téléphone intelligent en guise de guide routier, nous allons nous rendre compte que la région de L'Islet-sur-Mer est mal couverte par le réseau cellulaire; nous sommes maintenant entre les mains de la providence et nous décidons finalement de prendre la sortie pour la 285 Nord.

Par chance pour nous, la Sureté du Québec est sur la route un peu plus loin et s'apprête à fermer la 285. Je demande donc à l'agent présent si la 132 est ouverte (sinon, je reprendrai la 20 et sortirai passé la Boucle). «Nous allons fermer cette route [route 285] dans moins de cinq minutes [à 11h] et pour ce qui est de la 132, elle devrait être ouverte en direction Est avant le passage des vélos.»

Je me dépêche donc vers la 132 pour finalement me rendre compte qu'elle est complètement fermée. Pris au piège, je demande à un autre agent de la SQ quel est le programme. «On m'a dit de rouvrir la route à 11h30», me dit-elle. Je lui demande quel est le parcours et par quelle rue est-ce que les cyclistes vont tourner pour quitter la 132, mais elle l'ignore. Je lui demande s'il est possible pour elle de se renseigner. «Impossible, les fréquences sont réservées pour les urgences médicales.»

Finalement à 11h45 la route est ouverte, nous partons donc avec un léger retard sur notre itinéraire. Mais moins de cinq minutes plus tard, la police referme la 132 en direction Est parce qu'il reste des véhicules de service derrière nous. Je suis alors immobilisé à côté d'une autre voiture de la SQ et de deux agents à moto. Je leur demande où est-ce que le parcours tourne pour quitter la 132. Personne n'est au courant sauf pour un des agents à moto qui m'entend et me répond : «Au Trois-Saumons!». Correcte, mais où sont ces fameux Trois-Saumons? «Je ne sais pas trop, mais si j'étais vous, je retournerais chercher la 20 Est» me répond un autre agent parachuté du Saguenay pour suivre le cortège. 

(Finalement j'apprendrai 10 min plus tard que le Trois-Saumons est en réalité Le Chemin du Moulin pour les non-initiés et le MTQ. Donc, même si j'avais eu accès au réseau cellulaire, le policier me donnait comme information le surnom d'une route.)

Au total, j'ai parlé à six agents de la SQ. Tous ont été très polis et courtois. Ils auraient fait de très bons hôtes au restaurant du coin, ils avaient tous l'air très détendus et de bonne humeur. Malheureusement, dans tout ce déploiement de ressources humaines, qui se nourrit grassement en salaires, heures supplémentaires et allocations de dépenses, il n'y avait aucune information disponible pour le contribuable. Pas d'itinéraire, pas de feuillet informatif style Google Map à fournir, un sourire et c'est tout. Plus de 80 000$ en salaire annuel moyen pour sourire et être poli, ça commence à être une description de tâche intéressante... ce sont les amuseurs de rue et les hôtesses de restaurants qui vont être jaloux.

Les questions que je me suis alors posées sont: 

  • Tous ces officiers qui, lundi, vont approuver et signer les heures supplémentaires, vont-ils au moins réaliser qu'ils ont échappé un ballon en fin de semaine? 
  • Ont-ils bien compris leurs rôles et responsabilités en tant qu'agents de la paix? 

C'est très facile de fermer une route, la partie plus difficile est de le faire avec le moins d'inconvénients possibles et d'aiguiller correctement les gens qui sont victimes de l'entrave. En tout cas, c'est comme ça que ça se fait ailleurs dans le monde.

Je me demande comment ça se passe chez mon couple d'amis, à Somerville, en banlieue de Boston. Chose certaine, les agents là-bas n'ont pas l'ombre des conditions de travail de nos policiers québécois. J'espère seulement pour eux qu'ils sont capables d'en avoir un peu plus pour leur argent que le contribuable québécois.

 

Bruno Rhéaume, citoyen un peu désabusé, Lévis

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer