Pourquoi les syndicats défendent les pommes pourries?

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Il n'est pas très connu que c'est la loi qui oblige le syndicat à défendre l'ensemble de ses membres cotisants, rappelle l'auteur.

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Le Soleil

Deux histoires ont circulé récemment dans les médias : celle de la professeure incompétente dans une école de Notre-Dame-de-Grâce identifiée dans la chronique de Patrick Lagacé et celle de la préposée aux bénéficiaires éreintée qui démissionne du Centre hospitalier de Trois-Rivières. Dans les deux cas, on perçoit le syndicat comme un responsable du statu quo, comme un groupe corporatiste qui défend les pommes pourries.

Toutefois, il n'est pas très connu que c'est la loi qui oblige le syndicat à défendre l'ensemble de ses membres cotisants, et ce, qu'ils aient signé leur carte de membre ou non. Cela n'a pas toujours été le cas. En effet, cette disposition de la loi a été introduite en 1977 par le parti Québécois. À l'époque, la raison officielle était qu'on devait assurer à tout le monde une défense juste et équitable. Les mauvaises langues disaient plutôt qu'il fallait faire quelque chose contre le fait que les syndicats qui ne défendaient que leurs amis. Drôle d'ironie, car en obligeant le syndicat à défendre tous ses membres sans exception, on l'obligeait par le fait même à défendre les plus pourris d'entre eux...

Même lorsqu'il est évident que le membre est vraiment fautif, le syndicat doit défendre son dossier au maximum de ses capacités sinon le membre peut utiliser la loi pour faire une plainte pour mauvaise représentation. Et comme beaucoup de personnes confondent l'obligation d'aider avec l'obligation de gagner, les plaintes ne sont pas rares lorsqu'une pomme pourrie perd son grief. Pour les syndicats locaux, ces plaintes constituent un fléau et représentent, au final, une véritable épée de Damoclès qui mine notre travail quotidien de défense de droits.

Bien qu'une écrasante majorité de ces plaintes soient déboutées par le processus légal, elles constituent une manne d'or pour quelques cabinets d'avocats qui s'en font une spécialité, se souciant peu des conséquences pour l'intérêt public.

La prochaine fois que l'on criera que les syndicats défendent des gens qui ne devraient pas être défendus, souvenez-vous que c'est la loi qui en a décidé ainsi.

Alexandre Leduc, syndicaliste

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