Protéger le Métis-sur-Mer que nous avons construit

Route de la Mer, Métis-sur-Mer... (Ruralys / CRÉ BSL (2008))

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Route de la Mer, Métis-sur-Mer

Ruralys / CRÉ BSL (2008)

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Le Soleil

Bonjour État québécois,

Certains diront que nous tentons ici de défendre l'indéfendable, mais il n'en est rien. Nous voulons simplement tenter de prévenir la dégradation des services offerts dans nos milieux ruraux. Ces mêmes milieux qui fournissent à tous le précieux sirop d'érable, le bois d'oeuvre et de chauffage. Ces mêmes milieux où les gens des villes viennent se détendre et pêcher pendant l'été. Ces mêmes milieux qui permettent aux amateurs de chasse de venir réaliser des prises dignes des plus beaux rêves de chasseurs une fois l'automne venu. Ces mêmes milieux reconnus mondialement pour leurs paysages magnifiques. Ces mêmes milieux explorés par les motoneigistes de partout. 

Nous parlons ici de la Gaspésie et plus précisément de la situation qui prévaut dans notre village, Métis-sur-Mer, depuis quelques semaines. 

Nous habitons dans un village tranquille, magnifique, et malgré ce que certains pourraient penser, un village très dynamique. Tous connaissent nos jardins, mais peu semblent se soucier qu'une fois la porte close sur nos jardins fanés, des âmes vivent ici le reste de l'année. Des gens qui savent se contenter de peu de manifestations culturelles durant les mois d'hiver, des gens qui apprécient les activités saisonnières, des gens qui apprécient le rythme de la nature.

Notre village vit de grands changements depuis quelques années, vivotant entre progrès, stabilité et régressions. Un CPE meuble maintenant une section de notre école primaire, nos installations communautaires sont en bonnes conditions (salles communautaires, salle d'entraînement, bureau du CLSC) des maisons se construisent, des comités citoyens se forment pour promouvoir notre politique familiale et tenter d'accueillir des gens de tous horizons, une bibliothèque est ouverte dans les anciens bureaux de la Caisse Populaire, un service de surveillance scolaire du midi et du soir ainsi qu'un terrain de jeux sont offerts en collaboration avec la municipalité. 

Toutefois, notre épicerie est maintenant fermée, la Caisse Populaire et le bureau de poste offrent des heures de service réduites au maximum, nos entreprises de transformation du bois s'adaptent elles aussi pour tenter de continuer de faire ici des produits qui génèrent emplois et fierté. 

Nous ne sommes pas dupes et savons bien que notre situation nécessite qu'on s'y attarde pour assurer la survie de notre patelin. En ce sens, nous sommes proactifs, créatifs et déterminés. Nous avons un plan clair, nos services sont en place, le recrutement va bon train et nous avons confiance en notre capacité d'attraction; mais voilà maintenant que les règles changent sans qu'on ait le temps de terminer nos travaux visant à attirer de nouveaux citoyens. C'est là que notre colère prend naissance : nous pouvons avancer sans jamais recevoir de tapes dans le dos, mais nous refuserons toujours les claques au visage qui semblent maintenant faire légion dans l'administration provinciale. Elles ne sont pas méritées et témoignent, à notre avis, d'un manque de considération des individus qui forment une frange non négligeable de la société. 

Notre école

Récemment, nous avons appris que notre classe de maternelle, faute d'effectifs suffisants, était en péril pour l'an prochain. Pourtant selon les chiffres utilisés depuis de très nombreuses années à notre commission scolaire, rien ne laissait présager une telle fermeture. Voilà que les règles semblent avoir changé par un froid mois de mai. Pour les vérificateurs de Raymond, Chabot et les autres engagés par notre ministère, il est limpide que les enfants de quatre ans ne comptent plus dans l'effectif scolaire et dans la détermination de l'octroi des postes d'enseignants. Il faut donc, maintenant, six enfants en maternelle cinq ans pour justifier un poste d'enseignant. Cette règle de six enfants minimum par classe nous la connaissons depuis très longtemps, c'est pourquoi les enfants de prématernelles et les maternelles sont regroupés ainsi que les 1-2-3 et les 4-5-6. Ainsi, notre école comptant 30 enfants était viable et nous avions la préoccupation d'améliorer notre sort en attirant chez nous des familles. Avec ces nouvelles règles de six enfants par niveau, puisqu'il nous faudra toujours six enfants de cinq ans pour conserver notre maternelle, nous avons un seuil minimal d'effectif qui se situera bientôt à 48 enfants dans l'école. Du jamais vu ici depuis plus de 25 ans. 

L'effet domino qui nous fait peur

Si notre maternelle disparaît, nous avons peur que notre CPE en souffre. Si notre maternelle et notre CPE disparaissent, nous craignons que notre service de surveillance scolaire en souffre. Si notre maternelle, notre CPE et notre service de surveillance disparaissent, nous avons peur de perdre une grande partie de notre pouvoir d'attraction nouvellement construit au cours des cinq dernières années. 

Nous avons vu venir les problèmes et nous avons agi. La rapidité avec laquelle les décisions politiques sont prises affecte réellement le processus mis en place pour dynamiser notre village. C'est au prix de grands efforts que nous avons tissé une courtepointe de services d'exceptions pour les familles. Maintenant que tout est en place, que nous sentons que nous pouvons enfin nous recouvrir de cette couverture, on nous infeste de mites qui risquent de défaire les résultats probants de nos efforts et cela nous indigne.

C'est assurément vrai qu'il n'appartient pas seulement au «MEESR» (ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche) de sauver les régions, mais, misère!, les autres ministères devraient s'activer pour conserver la vitalité des régions. Nous sommes ouverts, nous sommes actifs, nous sommes fiers et nous exigeons du respect et des solutions pour protéger ce que nous avons construit. 

Sonia Castillo, mère et citoyenne de Métis

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