L'héritage de Jacques Parizeau: administrer autrement

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Jacques Parizeau

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Le Soleil

«Il y a peu de choses dans une vie qui soient aussi intéressantes que de participer à la gestion de la chose publique.» - J. Parizeau

Au cours de la dernière semaine, tous ceux et celles qui ont témoigné leurs respects ou leur amitié à Jacques Parizeau - et ils ont été nombreux - ont souligné son apport, comme grand mandarin de l'État, comme féroce négociateur, comme économiste de haut vol, comme universitaire ayant marqué ses étudiants, comme amant et défenseur inconditionnel du Québec. Tous ces éléments nous présentent surtout un trait commun qu'il est impossible de trop souligner: Jacques Parizeau a d'abord été un penseur de l'État, hautement respectueux de son administration publique et de son apport à la société.

À la lumière des nombreuses actions entreprises par l'homme, certains trouveront sans doute que cette évaluation est trop intellectuelle. Ce serait le cas si nous nous arrêtions à la surface des choses. Lorsque l'on creuse, nous voyons cependant que, toujours, Jacques Parizeau a cherché à bâtir, certes, mais à bâtir sur du solide, sur de la roche neuve, dépoussiérée d'alluvions, déposée par sédimentation au fil des ans et apportée par la pratique répétitive. Bâtir, oui, mais jamais sans avoir pensé les choses autrement d'abord.  

Cette autre façon de voir les choses lui inspirait assurément les métaphores, souvent teintées d'humour, qui l'ont aussi caractérisé. Mais sans cette pensée « reformatée », jamais il n'aurait pu contribuer comme il l'a fait à la refondation de l'État québécois, à partir de son administration publique. À force de voir autrement, de faire autrement et d'administrer autrement, vous verrez votre société redéfinie. Face à cette pratique inlassable, il est étonnant de constater que certains de ceux qui se réclament de son héritage sont parfois les plus farouches défenseurs du statu quo social.

Car au-delà de toute considération politique - un monde qui a pourtant été un grand point d'ancrage de sa vie et de son action -, Jacques Parizeau doit être reconnu comme un briseur de barrières, un héraut de la société à construire, un critique féroce de l'attentisme. Et, quelle que soit notre proximité avec les idées qu'il a défendues, nous pouvons reconnaître que sa volonté d'innovation aura marqué les générations contemporaines - qu'elles aient, comme lui, participé à la construction d'un État renouvelé ou qu'elles en tirent aujourd'hui parti.

Le véritable hommage qui peut lui être rendu, pour qu'aussi les générations futures se souviennent de ses contributions, ne se trouvera donc pas tant dans le béton ou l'asphalte ou le bronze. Ce sera par les moyens qui favoriseront l'essor de son approche; ce sera de reprendre à notre compte ce désir inextinguible de servir une société qui ne grandira que si elle sait regarder vers l'avant, forte de ses racines, mais capable de se renouveler, en s'appuyant sur une administration publique innovante, pour le mieux-être du Québec.

Nelson Michaud, Ph. D., directeur général de l'École nationale d'administration publique

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