Un vote crucial

Le premier ministre Stephen Harper... (PHOTO Sean Kilpatrick, Archives LA PRESSE CANADIENNE)

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Le premier ministre Stephen Harper

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Il faut relire avec attention l'éditorial de Pierre Asselin «Diviser pour gagner» publié dans le quotidien Le Soleil dans sa livraison du vendredi 8 mai 2015, afin de prendre toute la mesure du défi qui attend les centaines de milliers de Canadiens qui n'en peuvent plus de voir leur pays se transformer en annexe des États-Unis ou pire encore.

Comme le mentionne à juste titre l'éditorialiste, «... les Canadiens savent [maintenant] à quoi ressemble le pays que veut façonner Stephen Harper...». Le parti progressiste de Brian Mulroney s'est transformé radicalement sous la houlette de ce leader dogmatique issu du mouvement réformiste de l'Ouest. Il en résulte un parti gouvernemental distillant une idéologie à des années-lumière des valeurs québécoises en matière de justice, d'éducation et de politique étrangère.

Il y a quelques années, je me désolais pour nos voisins américains qui avaient à subir la pitoyable gouvernance d'un G.W. Bush qui, lors des élections présidentielles de 2000, avait littéralement «volé» la présidence au candidat démocrate Al Gore. Je me regarde aujourd'hui et je me désole encore plus de voir ce qu'est devenu mon propre pays sous la direction d'un parti ayant obtenu à peine 40% du vote populaire. Le Canada est devenu un paria en matière de protection de l'environnement; un pays appuyant sans discernement les positions extrémistes de certains gouvernements comme celui d'Israël ou encore celui des États-Unis dans sa «guerre» absurde contre le groupe armé État islamique; un pays qui fait la promotion d'un système carcéral «vengeur» ne laissant aucune place à des mesures de réhabilitation qui ont pourtant amplement fait leurs preuves (notre taux de criminalité étant très éloigné de celui de nos voisins du sud); un pays qui bâillonne ses scientifiques et flirte dangereusement avec des bêtises «évangélistes» comme le créationnisme.

Notre système électoral dit «uninominal majoritaire à un tour» fait malheureusement et trop souvent le jeu de politiciens calculateurs qui méprisent les volontés d'une majorité de citoyens au profit de groupes bien organisés qui savent mettre un minimum d'efforts pour un maximum de résultats électoraux. Si, en plus, le parti au pouvoir bafoue ouvertement les prérogatives du Parlement et multiplie les coups de boutoir contre le système judiciaire, il est urgent que chaque citoyen responsable réfléchisse à la manière de corriger ces dérives.

Le déroulement du récent vote en Alberta a démontré à quel point une course à trois est imprévisible. La remontée du NPD dans l'Ouest et la force renouvelée du Parti libéral fédéral risque fort de jouer en faveur de détestables opportunistes le 19 octobre prochain. Comme le mentionne très bien monsieur Asselin : «c'est entre les deux leaders de l'opposition que se jouera la prochaine campagne fédérale. Si l'un ne parvient pas à supplanter l'autre, Harper risque d'avoir la voie libre.»

Je n'ai jamais été à ce point inquiet de ce que nous réserve l'avenir. Les dégâts accumulés durant les dernières années Harper sont assez graves pour s'interroger sur l'état du pays si nous offrons à ce dernier l'opportunité de continuer son «oeuvre». Il y a urgence de contrer les effets dévastateurs des politiques conservatrices et pour ce faire, il nous faudra bien évaluer l'impact réel de chaque vote sur l'issue de l'élection.

Yvan Dion

La Malbaie

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