Pour le travail acharné des employés de la Davie

La Davie ne reçoit que des miettes des contrats gouvernementaux,... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

La Davie ne reçoit que des miettes des contrats gouvernementaux, estime un électricien à l'emploi de chantier maritime québécois.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Le Soleil

À M. Steven Blaney  
Cc : M. Sam Hamad
Nous ne vous apprendrons rien en affirmant que de nouveau les travailleurs(ses) de la Davie se voient confrontés à une mise à pied temporaire, et que cette mise à pied est au moins la troisième de l'année.

Imaginez toute l'inquiétude et l'angoisse générées chez les employés à chacune de ces annonces. Ce sont, comme vous, des hommes et des femmes chefs de famille, avec des obligations.

Puisque les appels répétés  de nos dirigeants provinciaux concernant l'octroi de contrats à la Davie n'obtiennent pas ou peu d'écho auprès d'Ottawa, nous, les travailleurs de la Davie, venons les appuyer dans leur démarche et vous interpelez à notre tour.

La grande majorité des employés(ées) du chantier maritime de la Davie aiment leur emploi et tiennent à le conserver. Nous voulons sauver nos emplois. Tant la haute direction de la Davie que nous, les travailleurs du chantier, avons travaillé d'arrache-pied.

En 2010, l'exécutif du chantier a fait des démarches en vue de l'octroi de contrats navals de la part du gouvernement. À l'époque, nous venions tout juste de redémarrer après la faillite de 2010. Vous aviez alors répondu en nous exhortant à faire nos preuves.

À la suite de cette réponse, nous avons décidé de nous relever les manches, de travailler d'arrache-pied pour renverser la vapeur et effacer l'opinion négative qui collait au chantier. Force est de constater que nous avons accompli un travail colossal et grandement fait nos preuves: 

  • nous avons terminé le Cecom Pride, considéré comme l'un des bateaux les plus modernes
  • réparé plusieurs navires de la garde côtière et ce, toujours en respectant les échéanciers
  • nous avons également été élu «Chantier naval nord-américain de l'année» lors de la cérémonie des Lloyd's List North American Awards 2015 au Texas
Actuellement nous travaillons sur deux traversiers. Que désirez-vous de plus?  

Vous distribuez généreusement des contrats du côté de l'Ouest canadien et du côté d'Halifax, (Diefenbaker), mais que des miettes au chantier québécois. De plus, les dirigeants du chantier de l'ouest vous ont informé qu'ils ne pourraient respecter l'échéancier et que les coûts de construction du Diefenbaker passeraient quasi au double de l'estimation faite. Quant à elle, la Davie, dans sa soumission, vous assurait de sa capacité à respecter l'échéancier établi et les coûts estimés. Malgré tout, vous avez accordé le contrat à l'ouest. Pourquoi? Le Canada peut-il vraiment dépenser l'argent des contribuables de façon aussi inconsidérée?

Devant ces faits, nous ne sommes pas loin de penser que vous nous mettez de côté parce que le chantier est québécois... Nous osons espérer que non, car cela, à notre avis, se révélerait de la politique de bas étage.

Le chantier Davie possède une main-d'oeuvre spécialisée et qualifiée, capable de construire des bateaux de qualité, comme elle l'a démontré. Elle peut également se mesurer aux autres chantiers et même dépasser les autres, puisque, grâce aux efforts de tous, le chantier s'est vu nommé «chantier naval nord-américain de l'année». Ceci ne s'obtient pas uniquement par la compétence des administrateurs, mais bien par un travail de coopération étroite entre les administrateurs et les employés. Ce chantier, les employés l'ont à coeur et y tiennent, vous en avez la preuve tangible.

Par notre travail acharné,  unissant nos forces à celle de nos dirigeants, nous avons redoré l'image de la Davie, en honorant jusqu'à maintenant tous les contrats que l'on nous a confiés.

En raison de votre indécision concernant le renouvellement de votre flotte de bateaux de ravitaillement, la direction n'a pas eu le choix de mettre de nouveau à pied plus de 200 travailleurs à partir du 15 mai, ce qui sera possiblement suivi dans un avenir prochain d'une deuxième vague de mises à pied. Ceci nuit énormément à l'image du chantier, car qui veut s'engager à travailler dans une telle insécurité? Ceci entraîne aussi le départ de plusieurs ouvriers préférant un salaire moindre ailleurs qu'un emploi aussi précaire.

Présentement le Canada ne possède aucun bateau de ravitaillement en raison de la mise au rancart à la fois du Prospecter et du Preserver. Le Canada doit donc compter sur des navires alliés, lors de missions pour ravitailler la marine canadienne en vivres, en carburant, en munitions et en pièces de rechange. Le Canada fait donc figure de parent pauvre, car nous devons attendre le bon vouloir et la disponibilité des alliés pour soutenir les nôtres.

Notre équipe est jeune, dynamique, intéressée à travailler et capable de répondre adéquatement aux besoins pressants de la marine royale canadienne. Pourquoi attendre plus longtemps?

Les concurrents de l'ouest et d'Halifax ont des contrats en mains pour les 20 prochaines années, entre autres avec la construction de navires de combat en Colombie-Britannique. Dans le dernier budget fédéral, Vancouver et Halifax se sont vus octroyer des contrats totalisant 30 milliards $ à partager et strictement rien au Québec. Nous qualifions cette situation de révoltante et méprisante pour nous. Pour répondre à ces contrats, Vancouver doit agrandir ses chantiers. La même question revient donc nous hanter: pourquoi rien au Québec?

Il nous semble qu'une saine répartition des contrats entre les trois grands chantiers démontrerait un vrai désir d'équité de la part de nos dirigeants. N'est-ce pas ce pourquoi ils sont élus? Pour l'information de tous, nous faisons ici un rappel du rôle du député d'après les documents du gouvernement fédéral.  

Le député exerce un rôle d'intermédiaire entre ses électeurs et l'administration. Il s'assure que sa communauté reçoit sa juste part des programmes publics en santé, en éducation, sur le plan de l'aide à l'emploi, etc.

Il peut, au nom d'un groupe, présenter à l'Assemblée une pétition demandant le redressement d'une situation que subit une personne ou une association et qu'il considère injuste.

En espérant, monsieur le ministre, que cette lettre vous fera prendre pleinement conscience de l'injustice ressentie par la Davie et ses travailleurs, qui font partie de vos électeurs.

Mathieu Tanguay, électricien bientôt au chômage, au nom des travailleurs de la Davie

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer