Le corporatisme médical aveugle doit cesser

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L'auteur demande à tous les partis politiques confondus d'emboîter le pas à ce qui se fait en Ontario, et de cesser de payer les médecins à l'acte, tout en les obligeant à travailler en collaboration avec les autres professionnels de la santé.

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Le Soleil

Depuis des décennies, les médecins, qui sont des employés de l'État payés à l'acte, bénéficient de négociations privées avec le gouvernement. Ils sont ainsi en mesure d'obtenir à peu près n'importe quoi comme suppléments financiers et avantages sociaux. Et, bien souvent, ce sont des médecins ministres qui leur accordent ces bénéfices.

Il est plus que temps que ces pratiques cessent. M. Barette ne fait pas dans la dentelle, mais il a au moins la volonté de changer un système médical qui stagne depuis fort longtemps, et dans lequel les médecins se refusent à tout changement, surtout si cela met en péril leur souveraineté financière. 

Qu'on pense aux parties de bras de fer du corps médical avec les infirmières, lesquelles seraient en mesure de poser certains actes médicaux si les médecins arrêtaient de faire de tout acte médical leur champ de pratique exclusive. La loi sur les actes médicaux a peut-être besoin d'une petite mise à jour pour tenir compte des autres professionnels de la santé, surtout dans un contexte de façons de faire à moindre coût. En Ontario, on a mis sur pied les super infirmières en collaboration avec le corps médical. Ici, le dossier est encore embourbé on ne sait où dans les dédales du corporatisme médical.

Parce que nous en avons tous ras le pompon d'entendre cette classe privilégiée se plaindre sans cesse et demander de plus en plus d'argent «pour la santé du peuple», je demande à tous les partis politiques confondus d'emboîter le pas à ce qui se fait en Ontario, et de cesser de payer les médecins à l'acte, tout en les obligeant à travailler en collaboration avec les autres professionnels de la santé. On ne manque pas de médecins, mais de volonté corporative de faire les choses autrement, afin que toute la population du Québec, dans quelque région qu'elle soit, puisse bénéficier de soins médicaux de qualité.

Le corporatisme médical aveugle doit cesser. La population n'est pas dupe. Et les visions politiques partisanes doivent aussi cesser. Cela a coûté assez cher à l'État. Comme des actionnaires d'une compagnie, nous voulons des résultats et des bénéfices, un retour adéquat sur notre investissement et, dans le cas présent, c'est d'avoir accès à un professionnel de la santé quand j'en ai besoin, pas quand cela convient à son horaire.

La formation d'un médecin coûte environ 500 000 $ aux contribuables. Que cet investissement de fonds publics, fait par les contribuables en vue de bénéficier de soins de santé de qualité, soit assorti d'une obligation de travailler pendant cinq ans au service des citoyens du Québec pour un généraliste, et de huit ans minimum pour un spécialiste. Quand les médecins, qui menacent d'aller travailler ailleurs, auront fourni aux contribuables ce retour adéquat sur cet investissement, ceux-ci pourront aller travailler dans le pays de leur choix, afin de pouvoir faire beaucoup, beaucoup d'argent. Parce que l'enjeu des corporations ne semble plus être la protection de la population, mais les stricts intérêts de leurs membres. C'est vraiment triste de voir cela... et encore plus de l'entendre en commission parlementaire. Il faudrait faire une mise à niveau du serment d'Hyppocrate pour tenir compte de ces nouvelles réalités.

Enfin, j'invite les facultés de médecine à passer en entrevue les candidats qui veulent devenir médecins, afin de mesurer leur maturité intérieure et la profondeur de leur désir de soigner les gens. Il n'y a pas que les notes du bulletin qui doivent être prises en compte. Il y a des jeunes qui possèdent ces qualités et dont la candidature est refusée faute de «péter des scores».

Francine Lalande, Québec

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