Les étudiants font de la politique

Des membres de l'ASSÉ ont manifesté contre l'austérité... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Des membres de l'ASSÉ ont manifesté contre l'austérité à Québec, le 26 mars.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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Le Soleil

J'expose ici le caractère d'une réalité sociale que les récentes manifestations étudiantes ont réanimée, qui est celle de l'incommensurable fossé entre la politique et le peuple. En effet, dans l'actuel contexte politique, l'ensemble de la population est régulé au rang de simple spectateur.

Trop souvent, notre pouvoir politique se limite à l'acte symbolique de dessiner un X sur un bulletin de vote. Les grands enjeux sociaux qui forgeront le Québec de demain, ainsi que les négociations parlementaires importantes sont des abstractions qui se meuvent à l'extérieur de notre quotidien. En un mot, le peuple végète sur le quai d'embarquement tandis que le train politique file à vive allure sans s'arrêter. Comme si la politique était réservée à un groupe spécifique, et qu'elle devait demeurer à l'abri de toute intervention populaire. 

Le gouvernement ne cesse de scander que les mesures d'austérité sont mises en place pour notre propre bien. Pourtant, je crois plutôt que Couillard et ses amis jouent aux apprentis chimistes avec l'argent des contribuables. Chose certaine, l'accès à ce laboratoire social nous est interdit. «Dans le domaine politique, le slogan classique est "souveraineté populaire dans un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple", mais la structure en place est bien différente. Selon la structure en place, le peuple est considéré comme un ennemi dangereux et doit être contrôlé pour son propre bien.» Cette citation de Noam Chomsky parle d'elle-même. Surveiller et punir, tels ne devraient pas être le rôle fondamental de l'État québécois.

En prenant la rue pour manifester, les étudiants tentent justement de consolider le fossé entre les citoyens et le système politique en place. En choisissant de faire la grève, ceux-ci essaient ni plus ni moins de briser la léthargie de laquelle ils sont les esclaves. Le message est clair, la bouette idéologique que veulent nous faire avaler les politiques gouvernementales n'est plus comestible. Les jeunes en ont assez d'assister à ce spectacle de clowns parlementaires sans pouvoir y participer. L'austérité les frappe et les bouscule de plein fouet. Quantité de programmes sociaux s'écroulent sous leurs yeux. La hache administrative du gouvernement sème la terreur partout, et ils devraient rester muets et passifs devant tant d'injustice?

De toute évidence, les seuls moyens de se faire entendre sont la grève et la manifestation. Les étudiants sont affamés de liberté, ils ne veulent que s'exprimer. Ils ont besoin de crier haut et fort leur mécontentement. En somme, les manifestations des derniers jours sont ce que j'appelle de la vraie politique, de la diplomatie populaire contre un État qui nie et exclut le peuple de son caucus. 

Thomas Lessard, travailleur, Québec

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