Péladeau en porte-à-faux avec les mouvements environnementaliste et souverainiste

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Pierre Karl Péladeau

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Le Soleil

Au cours du dernier débat des candidats à la direction du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau s'est prononcé pour l'exploitation du pétrole de schiste à Anticosti et, à la surprise de plusieurs, s'est démarqué des autres candidats pour donner son accord au projet d'oléoduc Énergie Est de TransCanada.

PKP se trouve ainsi en porte-à-faux avec l'extraordinaire mobilisation populaire qui se met présentement en branle pour bloquer le projet de pipeline de TransCanada. La population québécoise a compris que le Québec n'a aucun intérêt à avaliser ce projet, tout comme la Colombie-Britannique et les États-Unis s'opposent aux projets de Northern Gateway et Keystone.

À preuve, l'appel de Gabriel Nadeau-Dubois à «doubler la mise» de sa bourse de 25 000 $ du gouverneur général, à l'émission Tout le monde en parle, a permis de recueillir plus de 400 000 $ pour le Mouvement Stop Oléoduc!

Déjà, la campagne Coule pas chez nous a réussi, par sa mobilisation exceptionnelle et sa campagne d'information, à forcer TransCanada à renoncer à la construction d'un port pétrolier à Cacouna, où se trouve une aire de reproduction des bélugas.

Partout, le long du Saint-Laurent, des municipalités et des MRC ont adopté des résolutions contre le passage de l'oléoduc sur leur territoire et s'organisent pour bloquer le projet. 

PKP est aussi en porte à faux avec des ténors et d'importants organismes du mouvement souverainiste. En voici quelques exemples.

Dans son allocution devant l'assemblée des États généraux sur la souveraineté, le 21 septembre, Jacques Parizeau tenait les propos suivants : «Voulez-vous bien me dire ce que ça représente comme intérêt économique pour les Québécois, le tuyau qui va aller au port de chargement de pétrole à Gros Cacouna? Une poignée d'emplois! Presque rien! On n'a pas d'intérêt économique et on prend tous les risques écologiques. C'est absurde!»

Après avoir reconnu qu'«on n'a pas la possibilité juridique de s'opposer à ça», M. Parizeau enchaînait en citant l'exemple de la ville de Portland, au Maine. «Ceux qui ont le pouvoir, y s'embarrassent pas dans les nuances. La ville de Portland, au Maine, a simplement interdit, par une résolution municipale, le renversement du flux du pétrole qui ferait en sorte que, plutôt que d'envoyer du pétrole brut de Portland à Montréal, on renverse le tuyau et on sorte le pétrole brut de l'Alberta à travers ce vieux tuyau vers Portland. 

«Là, c'est la même chose pour eux. Ça ne leur rapporte rien, mais ça crée un risque écologique qu'ils ne sont pas du tout prêts à prendre. Ils l'interdisent. Faut faire comprendre ça aux Québécois. Faut faire comprendre à quel point la Constitution joue contre eux.» (L'aut'journal, octobre 2014).

Depuis plusieurs mois, Robert Laplante mène une fougueuse campagne contre le projet Énergie Est. L'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), dont il est le directeur, a publié un grand nombre d'études sur le sujet et L'Action nationale, dont il est également le directeur, consacre son dernier numéro à ce sujet (Le Québec face à l'ordre pétrolier canadien, février-mars 2015).

Maxime Laporte et la Société Saint-Jean-Baptiste-Montréal, dont il préside les destinées, sont impliqués à fond de train dans l'opposition au pipeline. Maxime a rassemblé le Mouvement Québec français et une vingtaine de groupes citoyens, agricoles, environnementaux, syndicaux et de défense de la langue française en conférence de presse, le 20 février, pour lancer la campagne «Speak vert» afin que l'Office national de l'énergie suspende ses travaux tant que ne seront pas traduites les 30 000 pages de documents déposés par TransCanada devant l'organisme fédéral.

Le site Vigile a publié de nombreux articles contre le projet Énergie Est et son rédacteur en chef, Richard Le Hir, qui suit à la trace les intérêts de la famille Desmarais dans les sables bitumineux, évoque même la possibilité que le gouvernement canadien puisse avoir recours à l'article 92(10) c) de la Constitution canadienne qui prévoit que le parlement peut déclarer à l'avantage général du Canada, «ou pour l'avantage de deux ou d'un plus grand nombre des provinces», toute infrastructure ou réseau d'infrastructures «entièrement situés dans [une] province».

Selon Richard Le Hir, «rien n'empêche le parlement fédéral de le sortir des boules à mites pour déclarer tout le réseau d'oléoducs du Canada, construit ou à construire, à l'avantage général du Canada». (Le plan machiavélique de Stephen Harper pour gagner les prochaines élections fédérales, 22 juin 2014)

Au diapason avec Harper

L'appui de PKP au projet de pipeline de TransCanada devrait faire réfléchir les souverainistes et plus particulièrement ceux qui, comme Maxime Laporte et Richard Le Hir, l'appuient publiquement.

Il est plus que temps de mettre fin à l'aveuglement volontaire et de scruter les liens entre les déclarations de PKP et ses intérêts financiers. 

Vidéotron, la vache à lait de Québecor, est complètement dépendante des décisions du gouvernement fédéral. Dernièrement, le gouvernement conservateur a accordé, lors des enchères du spectre, un traitement de faveur aux petites entreprises de télécommunications afin qu'elles puissent concurrencer les trois grands que sont Bell, Telus et Rogers.

Vidéotron a obtenu quatre licences pour un montant de 31,8 millions $. Au total, le gouvernement fédéral a encaissé 2,1 milliards $. Mais les revenus auraient été beaucoup plus importants, s'il n'avait pas privilégié les petits joueurs. Ces derniers n'ont payé que 11 cents le mégahertz, comparativement à 3,02 $ pour Telus et 2,96$ pour Bell. Des représentants de Bell ont calculé que Vidéotron avait ainsi bénéficié d'une subvention de 857 millions $.

Nous n'avons pas la naïveté de croire que de telles faveurs accordées par Ottawa à Vidéotron ne sont motivées que par le désir d'assurer le développement d'une «saine concurrence» dans le marché de la téléphonie. 

Aussi, nous voyons dans la déclaration de PKP en faveur de l'oléoduc d'Énergie Est de TransCanada un magnifique «retour d'ascenseur» à Stephen Harper.

Marc Laviolette, président du SPQ Libre

Pierre Dubuc, secrétaire du SPQ Libre

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