Le projet de loi 20 et les personnes désaffiliées

Le lien de confiance entre les personnes séropositives... (Shutterstock, Photographee.eu)

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Le lien de confiance entre les personnes séropositives et notre organisme est basé sur l'accueil inconditionnel. Les infirmières ou le médecin qui acceptent de venir travailler chez nous le font en appliquant ces valeurs. Ça fait toute la différence., plaide l'auteure.

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Le Soleil

(Lettre au ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette)

Depuis deux semaines, l'insécurité, voire même la colère, s'est installée dans le milieu de vie du MIELS-Québec (Mouvement d'information et d'entraide dans la lutte au VIH-sida à Québec). La raison est toute simple: une trentaine de personnes apprennent qu'elles perdent leur médecin de famille, puisque celui que nous avions réussi à intéresser suffisamment pour qu'il vienne faire des visites dans nos locaux depuis un peu plus d'un an doit revoir sa clientèle pour répondre aux critères dictés par le projet de loi 20 et son mode d'application.

Une personne vivant avec le VIH-sida représente deux patients dans le modèle issu du projet de loi 20.  Ce «deux patients» indique la complexité du suivi. Malheureusement, cette indication ne s'applique pas à une partie de la population suivie au MIELS-Québec qui, en plus du VIH, vit avec d'autres problèmes de santé tels l'hépatite C, la dépendance (aux drogues, aux médicaments ou à l'alcool) et des problèmes de santé mentale. 

Le lien de confiance entre les personnes séropositives et notre organisme est basé sur l'accueil inconditionnel. Les infirmières ou le médecin qui acceptent de venir travailler chez nous le font en appliquant ces valeurs. Ça fait toute la différence. 

Le lien de confiance avec ces personnes est long à construire, et lorsqu'il s'établit, cela permet une meilleure prise en charge de la santé. Moins de visites aux urgences, moins d'hospitalisations, parce que les infections sont prises tôt, évitant ainsi les complications. Des personnes qui ne se présentaient que rarement pour une visite médicale étaient devenues assidues à leurs rendez-vous, modifiant ainsi leurs habitudes petit à petit. 

Nous estimons avoir fait des gains majeurs qui commençaient à peine à porter fruit : une prise en charge d'une population qui ne se sent pas toujours bien accueillie dans le système de santé, un suivi adapté pour ces personnes, une santé globale améliorée ou du moins maintenue, et par-dessus tout, une conscientisation de ces personnes sur l'importance de prendre soin d'elles. 

Je ne veux pas croire que cette trentaine de personnes à Québec n'en cache pas d'autres dans la même situation au Québec. Il faudrait s'intéresser à la vraie vie qui, dans les faits, s'adapte très mal à des calculs mathématiques systématiques.

Thérèse Richer, directrice générale du MIELS-Québec, Québec

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