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Il y a des gens qui aiment arpenter les rues accompagnés d'une travailleuse sociale pour rencontrer les itinérants et discuter avec eux de la meilleure façon de les aider.

Il y a des gens qui aiment recevoir des patients à leur bureau pour régler rapidement un problème qui semble petit, mais qui est très ennuyeux pour le patient.

Il y a des gens qui vivent pour l'hospitalisation : ce qu'ils aiment, c'est de voir des gens très malades, diagnostiquer leur gros problèmes complexes et coordonner leurs soins avec l'aide de toutes les ressources que l'hôpital peut fournir.

Il y a des gens qui préfèrent monter dans leur voiture pour répondre à l'appel d'une famille dont le proche est mourant à la maison et qui a besoin d'une réévaluation médicale pour assurer son confort. D'autres préfèrent s'assurer que la personne en fin de vie à l'hôpital ou dans une maison de soins palliatifs est bien entourée de professionnels dévoués et de sa famille, qui ne se sentait pas capable de vivre cela à la maison.

Il y a des gens qui aiment suivre des diabétiques-insuffisants cardiaques-bronchites chroniques, des travailleurs en burn-out et des enfants hyperactifs, dans une relation thérapeutique qui nécessite un suivi régulier et prolongé, un travail de longue haleine.

Il y en a d'autres qui adorent voir des mamans enceintes et les suivre du jour 1 de la bonne nouvelle jusqu'au jour J de l'accouchement, à travers les nausées incoercibles, les contractions précoces et le moment d'anxiété quand le petit Jérémie a fait un rash inexpliqué.

Il y en a qui aiment aller "dans le Nord" et faire des MEDEVACs à Salluit dans un avion Twin Otter qui arrive sur un moteur, avec à son bord un patient instable en pneumonie sévère. Pour leurs «vacances», ils font Médecins sans Frontières et s'envolent pour l'Ukraine ou le Congo, pour secourir des gens qui ont ramassé un shrapnel dans leur jambe en allant au marché ou qui arrivent avec leur enfant dénutri, après une longue fuite d'atrocités sans nom.

Il y en a qui préfèrent surveiller la santé globale d'une population : ils planifient ce qui pourrait améliorer la santé de tout le monde, implantent la vaccination, conseillent la prévention.

Il y en a qui aiment que ça bouge : vous les trouverez à l'urgence ou aux soins intensifs à intuber, mettre des voies, ajuster un ventilateur qui crie sa vie avec l'aide d'une inhalothérapeute, partir une perfusion pour soutenir une pression sanguine en chute libre pendant que l'infirmière pose la deuxième voie intraveineuse pour les antibiotiques et que le commis signale l'orthopédiste pour une chirurgie urgente.

J'en oublie! Mais vous comprenez mon point : il faut de tout pour faire un monde. Les PREM, les AMP, les quotas, les pondérations et autres coercitions, tout ce que ça fait, c'est remplacer des gens qui sont passionnés par leur métier par des gens qui essaient de ne pas trop perdre de leur revenu.

Par qui voulez-vous être soignés?

Moi j'aimerais mieux mourir avec un médecin qui se bat vraiment pour ma cause, qu'avec un médecin qui m'a pris parce que je valais 25 points de pondération et qu'il fallait bien faire le quota.

J'aimerais mieux être réanimée par un médecin d'urgence qui trouve que mon cas est vraiment fascinant que par un médecin qui n'a pas le choix d'être là, mais aimerait tellement mieux suivre l'asthme de Mathieu ou le psoriasis de Francine.

Je voudrais être accouchée par le professionnel que j'ai choisi : ma médecin de famille qui me connaît depuis que j'ai 14 ans et avec qui je suis à l'aise. Parce que s'il me faut montrer mon derrière 14 fois en 9 mois, je veux que ce soit à la personne avec laquelle j'ai un lien de confiance.

Bref, que je fasse une dépression au bureau ou une pyélonéphrite qui nécessite mon hospitalisation : est-ce que je peux être soignée par quelqu'un qui adore sa profession, plutôt que par quelqu'un qui est stressé, anxieux, fatigué, écoeuré qu'on le presse comme un citron pour le faire rentrer dans la case décidée par le ministre?

Mireille Plamondon, médecin, mais pas médecin de famille

Avant tout être humain, citoyenne québécoise et patiente potentielle

Chambly

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