Les survivants du réseau de la santé

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette... (Archives La Presse Canadienne)

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Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

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Le Soleil

J'ai oeuvré pendant plus de 25 ans dans le réseau de la santé et des services sociaux comme gestionnaire. J'en suis sorti depuis bientôt quatre ans (plusieurs de mes ex-collègues m'ont rappelé la «chance» que j'ai eue tout en me relatant ce qui s'y passe...) mais j'y suis demeuré associé par ma participation comme bénévole et membre du Conseil d'administration pour une fondation dans un de ces établissements qui disparaîtra le 1er avril prochain, amalgamé au futur Centre intégré (CISSSS).

Pendant toutes ces années, j'y ai vécu plusieurs réorganisations, tantôt commandées par les autorités ministérielles, tantôt amorcées par les autorités locales. Le plus souvent, et en fonction de l'environnement évolutif, ces changements se sont avérés positifs et, ma foi, le retour en arrière n'était pas envisagé, ni envisageable une fois l'état d'instabilité passé. Le plus souvent, ces idées de changement (et d'amélioration, forcément) prenaient origine à la base des établissements eux-mêmes, mis devant le fait de certaines incohérences du système ou la recherche d'une meilleure façon de rendre le service aux patients.

La présente réorganisation qui s'enclenche ne semble pas reposer sur un grand consensus, encore moins sur l'expérience des meilleures pratiques du milieu. Les exemples cités par le ministre et rapportés par certains médias nous transportent dans des environnements difficilement comparables et oeuvrant dans des contextes très différents du modèle québécois. Justement, qu'avait de si mauvais ce modèle pour le foutre à la poubelle, incluant ceux et celles qui l'ont façonné par leurs connaissances et leurs expertises pointues des programmes et des clientèles qui y sont desservies? Ils sont plus de 6000 de ces cadres et gestionnaires qui sont actuellement traités comme des parias et des moins que rien, leur contribution étant maintenant jugée superflue. Quel manque de respect envers ces femmes et ces hommes qui ont passé en moyenne plus de 30 ans de leur vie professionnelle à bâtir ce réseau en réponse aux différentes et nombreuses politiques ministérielles, visant tour à tour l'amélioration globale de l'état de santé de la population du Québec.

Depuis l'adoption de cette loi, ces 6000 gestionnaires qui sont directement concernés doivent prendre une des décisions les plus difficiles de leur vie, certains avec le sourire, car ils avaient déjà prévu quitter le navire alors que d'autres sont littéralement déchirés entre poursuivre la mission ou partir. Je vous avoue que je n'aurais pas vraiment su quoi faire, n'étant pas du tout préparé devant ce terrible questionnement. Mais par-dessus tout, la reconstruction de cette nouvelle configuration du réseau devra se faire avec les survivants qui auront choisi de poursuivre par croyance, par ambition, par intérêt ou en dépit. Je suis assurément persuadé que ces nouvelles organisations vont au moins respirer - c'est le propre de celles-ci de vouloir vivre et servir - mais elles devront se passer des connaissances et des expertises d'un bon nombre qui auront choisi (si cela est un choix) de prendre un autre chemin.

Pour tout ça, M. le ministre, je vous salue bien bas. 

Alain Marchand, ing., M.Sc., M.A.P.

Québec

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