La ferme de Couillard

Philippe Couillard, premier ministre du Québec... (Archives AFP)

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Philippe Couillard, premier ministre du Québec

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Le Soleil

À Monsieur Couillard et compagnie, au sujet de l'austérité...

En 1945, George Orwell écrivit un conte satirique traduit en français, La ferme des animaux, dont la conclusion est: «Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres». Drôle de hasard, puisque 70 ans plus tard, Couillard et compagnie imposent l'austérité, situation qui, aujourd'hui, pourrait tout autant faire l'objet d'un récit allégorique de ce genre.

Je suis une sociale-démocrate. Eh oui, je crois toujours en la démocratie et en notre avenir collectif. J'ai été sur le marché du travail pendant 35 ans, en n'ayant bénéficié d'aucun crédit d'impôt. Comme la majorité de mes concitoyens, j'ai toujours payé tous mes impôts, taxes directes et indirectes, taxes municipales et scolaires, et, comme je suis sociale-démocrate dans l'âme, je continuerai à le faire, avec plaisir, jusqu'à ma mort. Mais à ce titre, je m'attends à ce que les taxes que je paye, qu'il s'agisse de paiements d'impôts ou autres, contribuent au bien-être de notre collectivité, soit : soins de santé publique, instruction publique, routes publiques, garderies publiques, fonds de retraite pour les employés, etc. Je n'apprécie guère de voir dilapider mes taxes en futilités pour accommoder les fraudeurs cols blancs, les gestionnaires sans vision, sans jugement, les abuseurs de systèmes, les profiteurs de paradis fiscaux, les employeurs malhonnêtes qui partent avec les fonds de retraite de leurs employés, le choix de mauvais gestionnaires (Dr Porter et cie), les contrats gouvernementaux accordés au «coût +» à des entreprises sans scrupules, donner nos ressources naturelles à la Chine (plan Nord), laisser des sociétés d'État abuser de ses clients (Hydro-Québec), participer au financement d'élections (Michaëlle Jean), pour le prestige de notre gouvernement, nommer des lieutenants-gouverneurs frauduleux (Lise Thibault), permettre à des cadres, députés, ministres, hauts fonctionnaires d'État, des dépenses excessives, les subventions accordées aux cliniques privées, aux écoles privées, aux entreprises privées, aux sectes et groupes religieux.

Accorder l'impunité aux pratiques gouvernementales et aux sociétés d'État de gaspillage et exonérer autant de fraudeurs qui ne rembourseront jamais leurs dettes envers la société... Je n'apprécie pas non plus que l'on s'attaque à des villes qui ont eu une bonne gestion en accumulant des surplus pour tenir compte de projets et d'imprévus futurs, comme le font les bons pères de famille, et que l'on s'offusque comme des vierges offensées lorsque les villes taxent davantage à la suite des coupes budgétaires que votre gouvernement a décidées de leurs imposer alors que vous êtes les premiers à avoir refilé les manques à gagner provenant du gouvernement fédéral et que, de surcroît, vous vous offusquez lorsque les villes vous rendent responsable des coupures que vous leurs faites subir? Décidément, messieurs et dames, crétins, nous ne pouvons faire autrement que de constater que vous nous prenez pour tels. 

Moi, je n'ai aucune dette monétaire envers la société, je ne fais que mon devoir de citoyenne et je contribue, selon mes moyens, à son bien-être. J'ai toujours fait mon budget personnel en bonne mère de famille. D'abord les nécessités, suivies des priorités, un coussin de sécurité pour pallier les imprévus et, s'il en reste, de petits extras. Il serait temps que d'autres en fassent autant. De votre côté, sous prétexte de l'austérité, de vision à long terme, d'assainissement des finances publiques, d'équilibre budgétaire, de déficit zéro, vous demandez à d'honnêtes citoyens comme moi de se serrer la ceinture, de participer à l'austérité en acceptant des coupures de programmes pour lesquels nous payons chèrement depuis des décennies. Au risque de me répéter, nous prenez-vous pour des crétins qui ont payé toute leur vie pour obtenir des services que vous voulez couper pour récupérer encore plus de notre argent? Mais dans quel dessein? Pour quels autres projets malsains avez-vous besoin de tant de coupures et d'argent de nos taxes? Quel gang voulez-vous bourrer, encore, à notre détriment? Bombardier et SNC-Lavalin pour la construction d'un SLR en utilisant les économies de la Caisse de dépôt et placement du Québec, entre autres? Et pour la gloire et l'immortalité de quels personnages? Lesquels passeront à l'histoire? Le maire Coderre de Montréal et l'actuel premier ministre Couillard? Il est fascinant de réaliser à quel point nos élus deviennent mabouls et qu'ils ont la propension à gaspiller les fonds qui ne leur appartiennent pas personnellement.

Quand vous, nos élus, serez transparents, que vous dresserez les priorités budgétaires en fonction des réels besoins de notre peuple et que vous cesserez de faire des abus de tout bord et de tous côtés aux dépens de la société, vous mériterez mon plus grand respect et l'acceptation de votre soi-disant austérité. D'ici là, j'ai et je garde une profonde amertume, car j'ai la vive conviction de me faire flouer par nos élus. 

En conclusion, faisant référence à mon paragraphe premier, Orwell, au sujet de l'heure, aurait pu écrire : «L'austérité s'applique à tous, sauf à nous, vos dirigeants, ainsi qu'à ceux à qui nous accordons le privilège de bénéficier de tout en toute liberté, sans austérité.» 

Ghislaine Grondin, Longueuil

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