Justice, je crie ton nom partout

«Alors qu'on essaie de valoriser les tribunaux administratifs...... (Shutterstock, Rob Wilson)

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«Alors qu'on essaie de valoriser les tribunaux administratifs... C'est la crédibilité du système de justice administrative qui pourrait être atténuée, entachée», déplore le professeur Patrice Garant, associé à la Faculté de droit de l'Université Laval

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Le Soleil

J'ai connu un monde dans lequel on vivait, un monde dans lequel il était possible de rêver. J'ai rêvé de bâtir, de construire du savoir, de la culture. Je pensais vivre dans une province extraordinaire. Et je ne rêvais pas, le Québec était à mes yeux le berceau du bien-être, car quand on se compare, on se console.

Mais aujourd'hui, j'ai mal. Je souffre de voir tout ce qui a été construit se déconstruire. Je ne suis pas un militant, je ne l'ai jamais été. Mais aujourd'hui, j'ai mal. Et je comprends d'où le militantisme provient. Il naît dans le corps. Il naît de la souffrance. Et quand cette souffrance est trop grande, que le corps n'a plus de place pour vivre, pour exister, il s'extirpe et devient souffle. C'est ce vent que je sens poindre, c'est ce souffle qui traverse l'esprit en ce moment de notre société qui agonise.

Nous ne nous reconnaissons plus dans aucune institution, nous nous plaignons constamment de l'absence. Absence d'écoute du gouvernement, absence de service, absence d'empathie, absence de ressources. Qu'avons-nous fait pour en arriver là, je me le demande.

Le monde dans lequel je vis maintenant me désole. Je ne parle plus de peur de vexer. Tout le monde a peur. Peur de ne pas trouver de travail, peur de déplaire, peur d'être écouté, pour de ne pas être entendu, peur d'être mal compris. Et pour cause! Car dans la cacophonie perpétuelle d'une société civile étouffée par la technologie, personne n'ose prendre la parole longuement et calmement. Quand le mot d'ordre est sois bref, comment constituer une réflexion, comment combattre le dogmatisme et la démagogie.

L'écoute et le partage, l'attente et la contemplation sont pourtant signes de sagesse et de prudence. Mais qui ose encore parler de vertus? Morts et dégâts, débris et contrition, coupes et découpages, austérité et piège, matraquage et sécurité, voilà des mots qui sont effrayants, qui terrassent l'esprit, qui n'incitent pas au dialogue et à la pensée.

Le langage est d'une grande beauté, il donne accès à la liberté, aux connaissances, à la transmission, c'est par lui que la paix de l'âme passe, c'est grâce à lui aussi que l'on se comprend, que l'on se console, que s'exprime la sympathie.

Nous vivons désormais dans un monde où il n'y a plus de frontières linguistiques, du moins s'estompent-elles de plus en plus, mais où persistent des frontières économiques de plus en plus grandes. Des écarts qui me rappellent ce que j'ai étudié dans mes cours d'histoire lorsque j'étais adolescent. Je pensais que ceux-ci faisaient partie du passé, un passé révolu, lointain, qui ne peut revenir parce que trop injuste.

Il faut croire que le temps de l'injustice refait surface. Et il plus que temps qu'il disparaisse à jamais!

Alexandre Motulsky-Falardeau

doctorant à l'Université Laval et journaliste

Québec

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