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Le premier ministre Philippe Couillard

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Le Soleil

Comme la vraie majorité, je n'ai pas voté pour vous. Vous ne me représentez pas. Je ne suis pas votre électeur, la soi-disant majorité des Québécois avec laquelle vous vous gargarisez à longueur journée... Vous n'êtes pas ma voix!

Simple citoyen, c'est le bien commun qui est mon idéal. Pas l'unique équilibre de deux colonnes de chiffres dans un budget... Bientôt, avec les moyens du bord, je vous rappellerai que votre vision économique dogmatique m'horripile. Mais avant, faisons un peu connaissance...

Je suis le fier père d'une jeune famille. Mon fils est notre avenir. Il est notre bien le plus précieux. C'est d'abord et avant tout pour lui, en ayant en tête le Monde qu'on lui laissera, que je découperai un grand rectangle dans une boîte de carton. 

Je suis le chum privilégié d'une blonde épanouie. Comme tant d'autres femmes du Québec, elle conjugue travail, famille et amour au passé, au présent et au futur, ce à tellement de personnes. C'est à elle, mais aussi à ma maman, à mes grands-mamans et arrières de toutes sortes, à mes nièces et à toutes les femmes merveilleusement allumées et impliquées qui m'entourent que je choisirai avec soin un long morceau de bois.

Je suis le reconnaissant descendant d'une famille où l'éducation a toujours été privilégiée comme emprise sur mon monde. Endetté par mes études jusqu'à mes 47 ans, je suis encore fortement attaché au combat étudiant. C'est en pensant aux efforts de mes parents, qui ont tant valorisé ma formation, que je penserai lorsque je brocherai mon carton sur mon long bout de bois.

Je suis un acteur privilégié de la formation des citoyens de demain. Heureux enseignant titulaire au primaire, je suis un spectateur de choix pour assister au déclin d'un système d'éducation prometteur qui ne donne pas les résultats escomptés. Nos écoles sont le symbole criant de l'agonie de notre sociale démocratie. L'éducation fait de «l'arrière-ban» au sein de vos priorités. C'est à mes élèves passés, présents et à venir que je penserai lorsque je fouillerai dans mes crayons pour choisir celui à la grosse pointe noire et indélébile. 

Je ne suis ni rouge ni bleu. Mon drapeau est vert, recyclé et, si possible, bio! J'en ai rien à câlicer des minières, compagnies de pétrole en tout genre et autres «asti d'conneries du genre»... Si on ne les finance pas assez et qu'elles lèvent les feutres et/ou crèvent de leur belle mort budgétaire, tant mieux! C'est aux tortues mouchetées, aux bélugas et aux salamandres sombres des montagnes (mettons...) que je penserai lorsque je choisirai judicieusement un slogan à calligraphier sur mon bout de carton. Disons... «Va chier Couillard»! Je sais, je sais... C'est vulgaire, limite scatologique... Alors disons plutôt: «Allez aux toilettes M. Couillard»!

Évidemment, je fais partie des personnes privilégiées. Cette minorité qui travaille et fonde des familles dans le confort de la sécurité d'emploi, des fonds de pension décents, des vacances à Noël, etc. Je suis la classe moyenne. J'ai même le luxe de prendre de mon temps pour écrire des lettres ouvertes... C'est tout dire! Je suis conscient de ma bonne fortune et aimerait qu'elle se propage, qu'on en fasse une pandémie! Qu'elle devienne la norme... C'est donc en pensant aux personnes plus vulnérables, voire défavorisées (toutes celles que votre sacrosainte vision de l'économie laisse dans son sillage), que j'écrirai mon slogan sur mon carton. Bien noir, en grosses lettres! 

Derrière vos politiques, vos relations publiques et votre prochaine élection se trouvent des gens sans lobbyiste ou contribution pour votre parti. J'en suis! Malheureusement pour vous, je suis de ceux qui passent de la parole aux actes. L'action individuelle comme moteur aux changements! C'est moi que vous verrez aux infos, celui qui tiendra la pancarte «Va chier Couillard» (oublions la version polie) dans une main et son fils de l'autre... C'est moi qui, accompagné de ma blonde géniale, vous crierai la colère que votre mépris de nous élever au-dessus des lois du marché attise! Vous m'autorisez à manifester, mais je ne dois pas bouleverser la paix publique ou menacer l'économie? Comme c'est mal connaître l'histoire et ses acteurs. Je ne suis ni révolutionnaire ni terroriste. Je suis citoyen! Ma politique, je la vivrai dorénavant dans la rue. Puisque le bien commun passe dorénavant second dans vos plans (loin derrière le profit de vos amis les banquiers), j'irai le plus souvent possible joindre ma voix à celle des autres et ensemble, le peuple, on vous rappellera que vous faites fausse route, que vous êtes dans l'erreur, que ce n'est pas vous qui décidez... Vous devez représenter!

La vérité, la force du nombre et la persévérance nous donneront peut-être raison...

À très bientôt...

Jean-François Mercure, enseignant titulaire au primaire, maître en Sciences de l'éducation

Québec

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