Votre UMF en danger!

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Selon l'auteur de cette lettre, la population a tout à gagner à ce que la mission des UMF soit protégée.

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Le Soleil

Dans tout le brouhaha suscité par le projet de loi 20 du ministre de la Santé et des services sociaux, la protection de la mission des unités de médecine familiale (UMF) est un enjeu qui passe étrangement sous silence. Et pourtant, la population a tout à gagner à ce que la mission des UMF soit protégée...

Au Québec, les UMF font partie du décor depuis plus de 40 ans. Il s'agit de milieux d'enseignement dont la vocation première est d'offrir un lieu de résidence aux futurs médecins de famille. Cette mission s'actualise en offrant à la population une gamme de services multidisciplinaires, offerts en collaboration avec une formidable diversité de professionnels (infirmières, pharmaciens, nutritionnistes, kinésiologues, etc). La recherche, tant médicale que pédagogique, s'inscrit également dans la mission des UMF, favorisant la production de données probantes essentielles à la pratique de la médecine. 

L'enseignement y est dispensé de manière interdisciplinaire, ce qui permet notamment aux futurs médecins de famille d'acquérir des connaissances et des expertises qui, bien que provenant de sciences connexes, sont essentielles à leur pratique.

Dans le contexte où la loi 20 vise à imposer des quotas aux médecins de famille, la qualité de l'enseignement aux médecins de famille est sérieusement compromise. En effet, il est utopique de croire que des médecins ayant à superviser des résidents et à dispenser des activités d'enseignement peuvent atteindre les quotas visés par le ministère. À ce jour, le ministre n'a toujours pas pris position clairement et de manière officielle afin d'assurer aux médecins-enseignants que leur réalité sera prise en considération. 

Ces effectifs sont pourtant significatifs, puisque près de 15 % des médecins de famille de la région de Québec travaillent en UMF. Les médecins-enseignants risquent donc de devoir faire un choix : s'occuper de leurs patients... ou contribuer à la formation de la relève. Il s'agit d'une situation d'autant plus paradoxale que les départements de médecine de famille ont reçu la consigne d'augmenter leurs cohortes...

La population a également tout à perdre du nouveau cadre de financement des UMF qui est actuellement en préparation au ministère de la Santé. En effet, ce cadre prévoit l'élimination de la majorité des professionnels de la santé non-médecins qui oeuvrent dans les UMF. Le fait de retrouver l'ensemble de ces professionnels sous le même toit favorise pourtant une continuité et une personnalisation des services, ce dont la population a tout à gagner. Cette planification va également à l'encontre d'un objectif d'apprentissage essentiel en médecine, soit la pratique de soins en collaboration interprofessionnelle. 

Comment les futurs médecins de famille peuvent-ils apprendre à collaborer avec les autres professionnels si ces derniers sont absents pendant leur formation? N'a-t-on pas longuement reproché aux médecins de travailler en vase clos et de se positionner comme seuls et uniques détenteurs de la vérité, avec tout ce que cela présupposait comme conséquences négatives pour leurs patients et collaborateurs?

Maillon fort

L'accessibilité aux médecins de famille est un problème réel et représente un enjeu capital dans  notre système de santé actuel. Les UMF doivent faire partie de la solution et ont déjà manifesté au ministère, de manière officielle, leur ouverture à contribuer à une plus grande accessibilité aux soins en médecine familiale. Des propositions concrètes, réalistes et équitables ont d'ailleurs été déposées afin que cette accessibilité ne se fasse pas au détriment de la qualité de l'enseignement et des services offerts à la clientèle des UMF. Il ne reste qu'à espérer que ces propositions seront entendues et prises en considération. Il y a déjà bien assez de structures inefficaces dans le réseau de la santé, est-il absolument nécessaire d'affaiblir l'un des maillons forts de la chaîne?

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 Louis-François Dallaire, professeur agrégé de clinique, Département de médecine familiale et de médecine d'urgence, Université Laval

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