Pour un véritable contrôle des loyers

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Selon les données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, depuis 2000, le loyer moyen des logements de deux chambres à coucher dans la région de Québec est passé de 518 $ à 775 $, une hausse de 50 %.

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Le Soleil

(Québec) Tous les indicateurs le confirment : la région de Québec connaît une flambée des loyers. Selon les données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, depuis 2000, le loyer moyen des logements de deux chambres à coucher est passé de 518 $ à 775 $, une hausse de 50 %.

En analysant les dossiers socioéconomiques par circonscription colligés par le Directeur général des élections du Québec, on arrive au même constat. Entre 2001 et 2011, les coûts mensuels moyens consacrés à l'habitation par les ménages locataires ont augmenté de 37 % dans la région de Québec. Si la Régie du logement avait fixé l'ensemble des loyers sous sa juridiction, on ne se trompe guère en évaluant que ces augmentations auraient facilement diminué de moitié.

Actuellement, la majorité des locataires sont en période de renouvellement de bail. Si ce n'est pas déjà fait, ces derniers recevront dans les prochains jours leur avis d'augmentation de loyer. Par expérience, même en tenant compte de la variation des taxes de l'immeuble et des réparations majeures, environ 90 % d'entre eux recevront une demande d'augmentation de loyer abusive.

Pourtant, bien peu refuseront la hausse demandée. Pressions et menaces du propriétaire, crainte des représailles, méconnaissance des droits ou avis de renouvellement qui induit en erreur, font partie des motifs «classiques» rencontrés régulièrement dans les groupes de défense de droits des locataires. Faute d'un refus, les locataires subiront l'augmentation.

Le mécanisme actuel, qui fait porter le fardeau du refus sur les épaules du locataire, est un échec. Il ne parvient pas à contrer les hausses abusives de loyer. À peine 0,5 % des loyers sont fixés annuellement par la Régie du logement. La quasi-totalité des logements échappe donc à tout contrôle. Qui plus est, il est trompeur de prétendre que le loyer est le résultat d'une négociation libre et éclairée entre locateur et locataire. Dans les faits, les propriétaires ont le gros bout du bâton.

L'explosion des loyers que l'on vit à Québec est extrêmement préoccupante. Au-delà des statistiques, il y a les problèmes du quotidien. Des locataires pris à la gorge, ne parvenant plus à joindre les deux bouts. Des locataires qui gèlent dans des logements de misère chauffés à 15 degrés dans l'espoir d'économiser assez pour être en mesure de payer le propriétaire. Des locataires qui font la file à la soupe populaire parce qu'il ne reste plus rien dans le portefeuille dès les premiers jours du mois. Des locataires expulsés de leur logis malgré le froid glacial parce que trop pauvres pour payer le loyer. Des locataires devant rogner sur d'autres besoins essentiels pour pallier la part grandissante consacrée aux coûts d'habitation.

Il est essentiel d'intervenir. Il faut mettre en place de nouveaux mécanismes pour contrer les abus répétés du marché privé de l'habitation. En ce sens, le contrôle universel et obligatoire est une solution incontournable pour faire du logement un droit.

Jonathan Carmichael, Bureau d'animation et information logement (BAIL), Québec

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