La gouvernance régionale: revisiter la nature de nos interventions en développement

De 1986 à 2011, la Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine a perdu... (Photothèque Le Soleil)

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De 1986 à 2011, la Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine a perdu au net plus de 20 000 personnes.

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Le Soleil

Au-delà des confrontations actuelles sur le maintien ou non de certains organismes de développement, le moment se prête bien à revisiter notre philosophie d'intervention des dernières années en termes de développement économique local.

Depuis la période d'après-guerre, les lois de l'économie de marché ont dicté la répartition géographique de l'activité économique. La recherche d'économies d'échelle a engendré un mouvement de concentration géographique sans précédent de l'activité économique.

Parallèlement à ce mouvement, les régions éloignées des agglomérations urbaines ont connu un mouvement d'exode de leur population, les privant ainsi de ressources nécessaires à leur propre développement. Par exemple, de 1986 à 2011, la Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine a perdu au net plus de 20 000 personnes. C'est comme si toute la population habitant sur le littoral nord (de Cap-Chat au centre-ville de Gaspé) avait disparu en 25 ans! Au niveau économique, en 2013, elle affiche le taux de chômage le plus élevé au Québec (16,2 %). Malgré les multiples efforts des différents organismes qui travaillent de près ou de loin à l'amélioration des conditions de vie de la région, elle est toujours la plus mal en point au Québec.

Cependant, les nouvelles tendances de l'environnement économique qui se dessinent portent en elles une possibilité de se soustraire à cette nécessaire concentration spatiale. Portées par le développement exponentiel des technologies de l'information et de communication où l'information devient la véritable matière première de l'économie de demain, ces nouvelles tendances n'exigent plus nécessairement la proximité dans l'espace, offrant ainsi de nouvelles opportunités aux territoires non centraux. Toutefois, c'est au milieu local à offrir un environnement propice pour capter et saisir de telles opportunités. Elles ne s'inviteront pas naturellement d'elles-mêmes dans le milieu.

Au-delà des services traditionnels de soutien technique et financier auprès des entrepreneurs du milieu et de la gestion administrative de programmes de développement local, les acteurs du milieu doivent veiller plus que jamais à ces opportunités. Pour les saisir, chaque communauté doit renforcer ses capacités de développement, dont celles à générer, à repérer, à cibler et à mettre au monde de nouvelles opportunités d'affaires et des initiatives nouvelles de développement à partir d'une part, des potentiels, des forces et des atouts de son territoire et d'autre part, des tendances de l'environnement économique en perpétuel changement. Parmi cette gamme de capacités, notons la capacité de produire une lecture renouvelée du territoire afin d'en dégager une vision commune de développement (stratégie de développement orientant les efforts de la communauté), la capacité d'opérer une démarche collective d'identification d'opportunités de développement (activités de veille) et de promouvoir le territoire et la capacité de créer les conditions essentielles à l'éclosion d'une prise de conscience collective, d'un leadership local fort, d'une réelle mobilisation des forces du milieu et d'une volonté collective d'y croire et d'y arriver.

Chaque territoire de MRC doit se doter d'une telle cellule de développement. Une petite équipe de professionnels, d'ambassadeurs et de leaders du milieu qui, à temps plein, génère, repère, cible, valide et concrétise des opportunités d'affaires et de nouvelles initiatives de développement : déploiement des énergies renouvelables et des technologies environnementales, positionnement touristique axé sur le développement d'expériences culturelles authentiques de la communauté locale, valeur ajoutée aux ressources naturelles du milieu, nouvelles technologies de l'information et de communication et télétravail, etc. Une équipe qui anticipe. Si personne cherche et fouille, nous ne ferons que subir ces nouvelles tendances comme une fatalité.

C'est de cette philosophie d'intervention qu'il faut s'inspirer. Quand lancerons-nous ce grand chantier de la revitalisation territoriale notamment pour nos territoires dits dévitalisés? Lorsque nos écoles de village seront en danger? Si oui, on est déjà en retard! Remettons une dynamique positive pour mobiliser notre milieu, notre population, nos capitaux, nos idées autour d'un projet de territoire.

Profitons du débat actuel pour questionner nos façons de faire et enrichir nos prochains modèles de gouvernance locale/supra-locale et régionale.

André Lemieux, Ph.D., conseiller en développement économique local, Grande-Vallée

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