Pompes funestes

Je suis toujours renversé par le sans-gêne des propriétaires de postes... (Imacom, Maxime Picard)

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Imacom, Maxime Picard

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Le Soleil

Je suis toujours renversé par le sans-gêne des propriétaires de postes d'essence qui tirent plus vite que leur ombre sur leurs clients au moindre soubresaut des marchés internationaux du pétrole, en faisant grimper d'un seul coup le prix de 12 cents le litre à la pompe.

Pourtant, vous observez comme moi que lorsque le marché pétrolier s'effondre, curieusement, on passe au super-ralenti pour abaisser les prix. On a tous l'impression d'assister à ce jeu mesquin sans le moindre pouvoir de réaction. Le discours politique ressort chaque fois les mêmes phrases-chloroformes : le marché, c'est le marché. Les lois de la concurrence sont à long terme favorables au consommateur. L'impact d'une baisse trop rapide des prix à la pompe serait catastrophique sur les entrées de taxes pour l'État. Etc. etc. Alors, on ronge son frein, on chiale un peu et on présente docilement la carte de crédit en se consolant avec les « air miles » de plus qui s'accumulent pour l'achat d'un super grille-pain à quatre tranches gratuit contre les cent millions de points qui prennent dix ans à accumuler...

Pourquoi l'État québécois n'intervient-il pas pour réglementer ce marché alors qu'il installe des super-compteurs de kilowatts à ses frais dans tous les foyers? Pourquoi si peu de compassion pour les consommateurs en laisse que nous sommes? Pourquoi ne pas limiter une hausse du prix à la pompe à un cent par jour? Comme ça, le consommateur pourrait se préparer psychologiquement à une hausse, faire le plein au moment qui est avantageux pour lui et regagner un minimum de contrôle sur ses dépenses de transport. L'État réalise-t-il que les sous engloutis pour l'essence sont autant de sous qui ne sont pas dépensés ailleurs, en loisir, en nourriture, en vêtement, en culture par exemple? Engage-t-on plus de pompistes lorsque les prix augmentent aussi brutalement? Crée-t-on plus d'emplois? Convainc-t-on plus de consommateurs à acheter des voitures électriques toujours aussi inabordables?

Devra-t-on multiplier les enquêtes et procès pour collusion dans ce domaine aussi pour que l'État défende enfin les intérêts réels de la population qui lui confie aux quatre ans le pouvoir de légiférer? Les politiciens seraient-ils plus ou moins complices de ce scandale en échange d'avantages obscurs et méconnus du public? Éclairez-moi. Je ne sais plus trop comment m'indigner, ou s'il faut se soumettre fatalement ou même, comme me le recommande chaudement mon fils, passer au vélo à 25 sous zéro.

Mais j'y pense, je devrais peut-être investir mes économies dans ces pompes funestes pour reprendre de la main gauche ce qu'on me dérobe si allègrement de la droite...

Édouard Malenfant

Québec

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